Volet dépenses de la loi de finances rectificative 2026 : la HAC auditionnée par la commission Communication et Technologies de l’information de l’Assemblée nationale
La commission chargée de la Communication et des Technologies de l’information de l’Assemblée nationale a reçu, ce lundi, en audition, la Haute Autorité de la Communication (HAC), dans le cadre de l’examen du volet dépenses de la loi de finances rectificative 2026. Les échanges ont notamment porté sur la subvention allouée à l’institution, la situation des journalistes, la presse en ligne, les médias web ainsi que les différentes pistes de solutions susceptibles de permettre à la HAC de faire face aux difficultés auxquelles elle est confrontée.
À l’issue de cette rencontre, Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication, est revenu sur les principaux points abordés au cours de cette audition.

« Nous avons été très ravis de recevoir aujourd’hui la Haute Autorité de la Communication, présidée par le président de l’institution, qui nous a donné beaucoup de détails sur son fonctionnement, ses besoins et ses urgences. Vous comprendrez que nous sommes sur le volet dépenses et qu’étant une institution qui ne fait pas de recettes, nous avons beaucoup échangé sur les subventions, d’autant plus que l’institution bénéficie de deux subventions. Il y a aussi la question des journalistes, de la presse en ligne et des médias web. Nous en avons discuté, tout comme de la situation interne de la HAC, notamment celle de son personnel et de ses travailleurs. Nous avons donc beaucoup avancé sur ces différents sujets. La commission est là pour accompagner l’institution et le ministère de la Communication, défendre leurs budgets, mais également faire des propositions et contrôler les dépenses effectuées. Pour toutes ces raisons, il était normal que cette rencontre ait lieu afin que nous puissions faire le point et prendre les orientations nécessaires pour l’avenir », a-t-il expliqué.
De son côté, Boubacar Yacine Diallo a rappelé le caractère républicain de cet exercice budgétaire et précisé que la HAC ne dispose d’aucune recette propre.
« C’est un usage républicain que les institutions qui bénéficient des subventions et des budgets de l’État viennent les défendre devant les commissions spécialisées. La nôtre est, bien sûr, la commission chargée de la Communication. Nous avons reçu l’invitation et nous y avons répondu favorablement, accompagnés de notre pôle financier. Nous avons expliqué les grandes lignes de notre budget et notre directeur administratif et financier (DAF) a apporté davantage de précisions. Je voudrais rappeler que la HAC ne réalise aucune recette. Elle n’a donc pas de volet recettes, mais uniquement un volet dépenses. D’ailleurs, avant notre arrivée, les seules recettes que la HAC percevait provenaient du prix de la carte de presse que les journalistes payaient. Nous avons rendu cette carte gratuite. Nous ne recevons donc aucun franc au titre des recettes propres. En revanche, l’État nous accorde une subvention que nous décaissons trimestriellement. Nous sommes ainsi venus présenter l’état des lieux à la commission et répondre à ses différentes préoccupations. Je crois qu’avec mes collaborateurs, nous avons apporté des réponses satisfaisantes », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Ousmane Dady Camara, président de la commission Communication et Technologies de l’information de l’Assemblée nationale, a apporté des précisions sur les attentes de la HAC, notamment en perspective de l’élaboration de la loi de finances 2027.

« Pour le budget rectificatif, nous n’avons rien sollicité. Ce qui nous a été accordé nous suffit. Nous avons plutôt attiré l’attention de la commission sur la prochaine loi de finances, celle de 2027. Nous avons plusieurs chantiers. Le premier concerne la modernisation de notre système de monitoring. Nous accusons un retard par rapport aux pays voisins. Ensuite, au niveau de la HAC, notre personnel est essentiellement composé de contractuels temporaires. Nous espérons que la commission nous accompagnera afin que ces travailleurs puissent bénéficier d’un recrutement régulier. C’est une situation que j’ai héritée et nous souhaitons que ces agents puissent vivre dignement de leur travail. Il faudrait également que nos superviseurs et nos points focaux déployés à l’intérieur du pays deviennent des agents à part entière de la HAC. Enfin, nous avons sollicité un accompagnement pour la formation des journalistes aux nouvelles technologies. Comme vous le savez, la nouvelle Constitution a élargi les attributions de l’instance de régulation en y intégrant notamment la régulation du numérique, du cinéma et de la publicité. Il faut donc un complément de budget pour nous permettre d’assumer pleinement ces nouvelles responsabilités, particulièrement dans le domaine de la régulation du numérique », a-t-il conclu.

Cette audition a permis de faire le point sur les réalités financières et les besoins institutionnels de la Haute Autorité de la Communication. Si le budget rectificatif de 2026 ne nécessite pas de nouvelles sollicitations de la part de la HAC, les préoccupations exprimées autour de la modernisation du monitoring, de la régularisation du statut du personnel et du renforcement des capacités des journalistes constituent autant de défis à prendre en compte dans le cadre de la préparation du budget 2027.
Par BFatako, pour Lerenifleur224.com