Siguiri : le gouvernement interdit formellement l’orpaillage dans les zones sensibles et déploie les forces de sécurité

Dans un communiqué conjoint de cinq ministères, lu ce lundi 2 novembre 2026 par le porte-parole de l’armée, le Général Mamadou Aliou Sow, les autorités annoncent l’interdiction formelle de toute activité d’orpaillage dans les zones sensibles, notamment le lit du fleuve Niger, ses berges et les terres agricoles.

Pour garantir l’application de cette décision, un dispositif permanent des forces de défense et de sécurité est déployé dans la région, avec une consigne de tolérance zéro contre toute exploitation illégale

 

Lerenifleur224.com vous propose l’intégralité du communiqué conjoint

 

Le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale, la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, et le ministre des Mines et de la Géologie, portent à la connaissance de l’opinion nationale et internationale de ce qui suit :

Les missions d’inspection et d’évaluation conduites ces derniers mois dans la région administrative de Siguiri ont établi une dégradation alarmante de l’environnement, imputable à l’exploitation anarchique des ressources minières à partir de l’or par des opérateurs artisanaux qui ne respectent pas la réglementation en vigueur.

Cette dégradation est traduite notamment par :

La destruction des sols, des terres agricoles et du couvert végétal par l’usage d’engins lourds ;

La pollution et l’ensablement des fleuves Niger, d’Oribah, du Tinkisso et de leurs affluents, qui constituent une zone humide d’importance internationale (site Ramsar Niger-Tinkisso) ;

Le dragage de dragues et toute extraction ou tout lavage de minerais dans le lit ou sur les berges des cours d’eau ;

L’utilisation d’explosifs, de mercure, de cyanure et tout autre produit chimique dangereux ;

L’exploitation minière interdite dans les lits et sur les berges des cours d’eau, sur les terres agricoles et les pâturages, dans les aires protégées et les forêts classées, ainsi qu’aux abords des agglomérations et des infrastructures publiques.

Mesures de sécurité :

Un déploiement permanent des forces de défense et de sécurité est engagé dans la région administrative de Siguiri pour faire respecter les présentes mesures. Il est associé des unités des armées, la Gendarmerie nationale, la Police nationale, les Douanes, le Corps des conservateurs de la nature, et assure une surveillance de jour comme de nuit.

Des contrôles sont institués sur les axes routiers fluviaux et aux points d’entrée de la région de Siguiri, en fait d’empêcher l’acheminement d’engins lourds, de dragues, d’explosifs et de produits chimiques destinés à l’exploitation illégale. Les unités et les services vérifieront l’identité et la régularité du séjour des personnes présentes sur les sites.

Les étrangers en situation irrégulière feront l’objet de procédures prévues par la loi.

Il est formellement interdit à tout citoyen d’apporter à quelque titre que ce soit la protection à une personne physique ou morale dans le cadre de ces poursuites.

Tout manquement sera puni de sanctions disciplinaires, sans préjudice des poursuites judiciaires.

Mesures administratives et minières :

La commission régionale de défense et de sécurité, ainsi que la commission préfectorale et sous-préfectorale, sont chargées de la mise en œuvre et du suivi des présentes mesures, et doivent adresser un rapport hebdomadaire à la Commission nationale de défense et de sécurité.

Les autorités administratives, les présidents de district et les chefs de secteur sont personnellement responsables du respect des présentes mesures dans leurs circonscriptions.

Toute tolérance, toute complicité, toute exploitation illicite de l’or ou toute perception de redevance sera sanctionnée.

L’achat et la vente de l’or produit dans la région ne peut être effectué que par les comptoirs agréés.

Toute violation des présentes mesures expose ses auteurs, coauteurs et complices, quelle que soit leur nationalité ou leurs qualités, aux rigueurs de la loi et du règlement.

Les ministres signataires invitent les populations de la région administrative de Siguiri, les autorités coutumières et religieuses, les organisations des jeunes et des femmes, ainsi que les opérateurs miniers, à faire preuve de compréhension, de civisme, et à collaborer avec les autorités en signalant toute activité illégale.

Le gouvernement tient à préciser que ces mesures ne constituent nullement une remise en cause de l’importance du secteur aurifère dans l’économie nationale.

Elles répondent à une exigence fondamentale de protéger les vies humaines, de préserver l’environnement et de garantir une exploitation des ressources minières conformément aux lois de la République et aux principes du développement durable.

En outre, il est porté à la connaissance de la population que des images et vidéos subversives de nature à semer la panique et le discrédit sur les opérations en cours sont en train d’être véhiculées par voies de réseaux sociaux.

Le gouvernement tient à assurer l’opinion nationale et internationale que les opérations sont conformes aux lois et règlements en vigueur à République de Guinée, et qu’elles continueront à se dérouler avec rigueur et professionnalisme.

Toutes les dispositions sont prises pour assurer la libre circulation des personnes et de leurs biens.

Le gouvernement compte sur la compréhension et l’engagement de tous pour le respect de ces mesures d’intérêt national.

Les forces de défense et de sécurité veilleront à l’application des présentes mesures dans le strict respect des droits humains.

Le présent communiqué sera lu et diffusé partout où besoin sera.

Conakry, le 2 novembre 2026.

Signé :

Le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale, M. Général Ibrahima Kalil Condé ;

La ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Mme Djénabou Touré ;

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Général Ahmed Mohamed Ousmane Diallo ;

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, M. Sory Baldé ;

Le ministre des Mines et de la Géologie, M. Bouna Sylla.

 

 

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