Magouille à la maison centrale de Boké : Plusieurs magistrats et garde pénitentiaires dans le viseur de Wright pour des cas présumés de corruption

C’est une scène surréaliste à laquelle a assisté ce mardi 13 juin à la maison centrale de Boké le ministre de la justice en tournée à Boké. Alphonse Charles Wright était dans la stupéfaction de constater que même la hiérarchie de la chaîne pénale de la localité était empestée dans des magouilles aboutissant à la libération des détenus moyennant le paiement d’une forte somme par les parents des détenus. La pratique est courante dans cette maison carcérale et le garde des sceaux a promis d’y mettre un terme.

Charles Wright au secours ! Venez nous sauver ! ou encore ‘’ On ne veut plus d’eux ici’’ Voici comment le ministre de la justice a été accueilli par les détenus de la maison centrale de Boké. Ici, ils sont au total 187 détenus soit 72 prévenus et 115 condamnés qui croupissent dans cette maison carcérale cette année. Ils sont tous entassés dans deux cellules dans une condition extrêmement difficile, pas de bain de soleil, ni de toilette corporelle et le pire, certains parents déboursent 1500000 GNF voir 3.000000 GNF afin que leurs proches bénéficient le privilège de sortir se promener dans l’enceinte de la cour qu’ils considèrent comme une largesse.



« Est-ce que souvent vous les (Détenus ndlr) faites sortir dans la cour ici pour qu’ils se promènent » Demandant ainsi au régisseur adjoint

« Oui des fois » répond ce dernier » chassant que celui-là ne dit pas la vérité, Charles Wright réplique

« Monsieur le Procureur ! il faut que vous organisiez cela, au-moins dans la semaine, il faut que ceux-ci sortent tous au-dehors ici, ils n’ont qu’à venir se promener. Faites la réquisition à la gendarmerie, c’est leur(détenus) droit » a-t-il insisté. Constatant la gravité des faits auxquels risquent ces détenus, il laisse éclater sa colère contre l’administration pénitentiaire de cette maison carcérale

« Vous tous, je vous assure, on devrait tous vous placer sous mandat de dépôt. Parce que vous devriez savoir que les gens que vous privez de liberté, cette violation de leur droit, vous aussi, vous allez prendre ça parce que chez vous, tout est question d’argent. Pour te libérer, c’est l’argent, même

Pour le garde des sceaux, c’est une délinquance organisée qui sévit dans cette prison ou Mansour Bah a été tué selon l’autopsie par un outil contondant. Le greffier interrogé, n’a pas caché les mauvaises pratiques qu’il exerce, lui et ses complices sur le dos des parents des détenus

« Il (Parent d’un détenu, ndlr) m’a donné trois (3) millions, mon régisseur et moi » a avoué cette garde pénitentiaire. Au tour de Charles Wright de réagir

« Toi, tu es suspendu. Monsieur le Procureur ! Envoyez-le pour des questions de procédures. Il est en état d’arrestation pour corruption. Tu vas aller tout de suite, on va t’entendre, ton jugement c’est demain matin. Mettez-le à la disposition des services compétents » a-t-il ordonné.


Dans cette pratique qui est devenu un fond de commerce dans cette prison, le Procureur et le juge d’instruction sont dénoncés par les détenus. Des comportements que le ministre de la justice promet de sanctions sévères après le rapport d’enquête.

Rama Fils depuis Boké,  pour Lerenifleur224.com