Sig-Madina : Yaya Kaïraba Kaba remet les clés du Tribunal pour Enfants : un tournant pour la justice juvénile
Après de longs mois d’attente, la justice pour enfants dispose enfin de son propre siège à Conakry. Le vendredi 27 juin 2025, le tout nouveau bâtiment R+6 abritant le Tribunal pour Enfants a été officiellement remis par l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC), à travers une cérémonie présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kairaba Kaba. Ce siège moderne est situé dans le quartier SIG-Madina, au cœur de la commune de Matam.

L’événement, fortement symbolique, a rassemblé une foule nombreuse composée d’autorités judiciaires, sécuritaires, religieuses et locales, ainsi que de nombreux citoyens venus témoigner leur attachement à la cause de l’enfance.

Outre le Tribunal pour Enfants, ce bâtiment stratégique abritera également la Direction nationale des droits de l’homme et le Tribunal du travail, consolidant ainsi plusieurs institutions clés dans un seul espace administratif.
Prenant la parole lors de la cérémonie, Mamadou Cellou Condé, président du conseil de quartier a salué l’esprit de collaboration et de responsabilité partagée qui a permis la concrétisation de ce projet.

« Votre gouvernance a ouvert ensemble notre relève défi commun et construit notre solution durable, équitable et porteuse d’espoir pour notre population », a-t-il souligné.

Ce nouveau siège vient améliorer non seulement les conditions de travail du personnel judiciaire, mais surtout le fonctionnement même du tribunal. Pour M. Fofana, cela permettra d’accélérer les procédures judiciaires et de garantir aux enfants détenus à la Maison centrale un jugement dans les délais prévus par la loi.

« Le gouvernement guinéen, au nom du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble des partenaires, nous offre aujourd’hui cette infrastructure que nous attendions depuis des années. C’est une immense joie pour nous, pour tous les acteurs : magistrats, greffiers, travailleurs sociaux, et tous ceux engagés dans la protection des droits de l’enfant. L’objectif est clair : rétablir les enfants dans leurs droits, éviter les détentions prolongées, et contribuer à leur réinsertion sociale pour en faire des acteurs du développement de la Guinée, et non des condamnés à la prison à vie », a souligné N’Faly Fofana, président du Tribunal pour Enfants
Du côté de l’AGRASC, son Directeur Général a rappelé le processus qui a conduit à la mise à disposition de ce bien confisqué

« Aujourd’hui, nous venons assister à cette cérémonie pour accompagner le garde des Sceaux qui est l’artisan de la cérémonie à laquelle nous sommes aujourd’hui conviés l’AGRASC mon service, qui est un service de l’Etat guinéen, ses missions constituent à gérer et à recouvrer tous les biens qui sont confisqués après qu’ils aient été saisis. Aujourd’hui, ce bâtiment fait partie des biens ou des avoirs saisis par les juridictions nationales parce que c’est elle qui ont qualité de confisquer ou de saisir. Donc, quand ces avoirs sont saisis comme ce bâtiment, nous le mettons à la disposition de l’administration de la disposition de l’Etat guinéen pour la gestion des services publics de la République. C’est pour cela que nous avons décidé, c’est notre obligation de mettre ce bâtiment à la disposition du ministre de la justice garde des Sceaux, pour qu’il en fasse ce que de droit et je crois qu’il a pris lui aussi de bonnes dispositions pour que ce bâtiment soit remis ou mis à disposition des juridictions comme le tribunal des enfants. »
Le Médiateur national pour les droits des enfants, le Général Bailo Diallo, n’a pas caché son émotion

« Le Tribunal pour Enfants, longtemps qualifié de ‘tribunal ambulant’ et de ‘parent pauvre’, trouve enfin refuge. À quelques jours de la clôture du mois de l’enfant, c’est un signal fort que nous envoyons en matière de justice juvénile (…) Je voudrais vous faire partager la joie qui m’anime et l’immense fierté que je ressens à ma qualité de médiateur national pour les droits des enfants. Une telle joie, comme contenue dans la voix de Monsieur le Président du Tribunal pour Enfants, s’entend, cela se comprend. Votre joie, elle est aussi, j’en suis sûr, certain, le témoignage de reconnaissance à l’endroit des actions très pertinentes et hautement stratégiques du Premier magistrat du pays, le Président de la République, je veux nommer Son Excellence le Général Mamadi. Car vous connaissez son attachement à l’amélioration concrète et continue des conditions de vie des populations. »
Enfin, le Garde des Sceaux Yaya Kaïraba KABA salué une initiative qui s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, en matière de justice sociale et de répartition équitable des ressources publiques.

« Ce bâtiment est un ballon d’oxygène pour notre système judiciaire. Ce n’est que le début. L’État poursuivra la récupération et la réaffectation des biens saisis dans l’intérêt collectif (…) C’est dire que la politique, du chef de l’État, sa vision, nous amène à comprendre que les biens de ce pays, l’économie de ce pays, en un mot, la richesse de ce pays, doit être équitablement partagée au bénéfice de l’ensemble de la population et ne doit pas être comme une orange pointée et sucée par une seule bouche », a-t-il affirmé.

Avec cette nouvelle infrastructure, le Tribunal pour Enfants sort de l’ombre et s’installe au cœur du dispositif judiciaire guinéen. Il s’agit non seulement d’un progrès matériel, mais aussi d’un acte politique fort en faveur des droits des enfants. Cette inauguration marque ainsi un tournant dans la volonté des autorités de bâtir une justice plus humaine, accessible et respectueuse de la dignité des plus jeunes.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com