Tensions à la frontière Guinée–Côte d’Ivoire : 15 blessés après des affrontements autour de la mare de Dalagbèba !

De nouveaux affrontements ont opposé, ce dimanche 19 avril 2026, les populations de Kalafilila (sous-préfecture de Boula, préfecture de Kankan) et celles de Fangala, un village situé en Côte d’Ivoire. Les violences se sont produites autour de la mare de Dalagbèba, une zone disputée de longue date par les deux communautés. Le bilan provisoire fait état de 15 blessés, dont 11 par balle du côté guinéen et 4 du côté ivoirien.

D’après les informations recueillies sur place, tout serait parti d’une activité de pêche engagée dans la matinée, aux environs de 11 heures, par des habitants de Kalafilila dans cette mare frontalière.

Joint par téléphone, le sous-préfet lieutenant Michel Louah explique que les tensions ont commencé lorsque des pêcheurs guinéens ont été confrontés par des habitants de Fangala. << Notre communauté était partie pêcher dans une mare située entre les deux pays >>, a-t-il indiqué. Il précise que malgré une tentative de règlement en 2023 par les autorités locales des deux pays, la situation reste non résolue.

<< Il avait été décidé de suspendre toute activité de pêche pour les deux villages, mais chaque année, des habitants ivoiriens continuent d’y accéder >> ,ajoute-t-il. Selon plusieurs témoignages, la situation a rapidement dégénéré après des échanges verbaux. Les habitants ivoiriens se seraient retirés dans un premier temps avant de revenir avec du renfort, certains armés.

<< Ils sont revenus avec des fusils et ont ouvert le feu sur nos hommes, qui n’étaient pas armés >> , affirme l’officier.

Du côté guinéen, le président du district figure parmi les blessés, touché à la jambe. Dix personnes ont été transférées à l’hôpital régional de Kankan pour des soins, sans qu’aucune information officielle ne soit encore disponible sur leur état de santé.

En face, quatre blessés ont été signalés côté ivoirien, sans plus de précisions sur leur état. Par ailleurs, quatre citoyens guinéens, dont une femme, ont été interpellés avant d’être finalement relâchés et remis aux autorités de leur pays.Un témoin présent sur les lieux évoque une scène

<< Nous étions partis sans armes, seulement avec des filets de pêche , arrivés on leur a demandé pourquoi ils étaient là-bas. Ils nous ont dit qu’ils étaient venus pêcher dans la mare et qu’ils attendaient d’autres personnes pour les rejoindre afin de pêcher tous ensemble. Nous leur avons répondu que cela ne nous intéressait pas, car la mare nous appartient et nous avions reçu l’ordre d’y pêcher. C’est à ce moment qu’il y a eu des incompréhensions, nous sommes restés à discuter jusqu’à ce que nous voyions leurs renforts arriver à moto, à vive allure. Ils se sont mêlés à nos amis et la situation a rapidement dégénéré. Moi, je suis resté à distance. J’ai vu qu’ils se battaient avec nos amis. J’ai alors appelé certains de nos compagnons pour les sensibiliser, en leur demandant de reculer, car nous n’étions pas venus avec des armes. Soudain, nous avons entendu des coups de feu. Plusieurs personnes criaient qu’elles avaient été touchées, il y avait aussi des femmes parmi les blessés. >>.

Ce nouvel incident illustre la persistance du conflit autour de la mare de Dalagbèba, régulièrement au cœur de tensions entre les deux localités frontalières.

Face à cette situation, une réaction rapide des autorités des deux pays est attendue afin de calmer les esprits et d’éviter toute nouvelle flambée de violence dans la zone.

Kankan Kadija Kolou condé pour lerenifleur224.com