Koura : un village condamné à boire l’eau boueuse d’une rivière pour survivre

Dans le secteur Téssén, relevant de la sous-préfecture de Sangaréah, préfecture de Pita, l’accès à l’eau potable demeure un luxe inaccessible. Faute de forage, de pompe ou de toute autre infrastructure hydraulique, les habitants de Koura sont contraints de s’approvisionner dans une rivière insalubre, partagée avec les animaux et exposée à toutes sortes de contaminations. Face à cette situation préoccupante, les populations lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement.

À Koura, trouver de l’eau potable relève d’un véritable parcours de combattant. Des centaines d’habitants dépendent quotidiennement d’une rivière devenue leur seule source d’approvisionnement. Une eau trouble, parfois jaunâtre, que les familles utilisent pour boire, cuisiner et accomplir les tâches ménagères, malgré les risques sanitaires qu’elle représente. Dès les premières heures de la journée, femmes et enfants parcourent plusieurs kilomètres pour rejoindre cette rivière et remplir des bidons destinés aux besoins quotidiens des ménages. Une corvée pénible qui s’ajoute à l’inquiétude permanente liée à la qualité de l’eau consommée.

<< Nous souffrons énormément ici. La rivière est éloignée et l’eau est très sale. Nous sommes obligés de la filtrer avant de la boire. Nous demandons aux autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à obtenir une pompe afin que nous puissions avoir de l’eau potable >>, plaide Alarba Diallo.

Selon les habitants, cette situation perdure depuis plusieurs années et devient encore plus critique pendant la saison des pluies. Les eaux de ruissellement transportent alors de la boue, des déchets et diverses impuretés vers la rivière, accentuant les risques de contamination.

<<Ce problème nous préoccupe énormément. Les hommes et les animaux utilisent la même source d’eau. Nous n’avons aucune pompe dans notre localité. Quand il pleut, toutes les saletés se retrouvent dans la rivière que nous buvons. Nous demandons aux autorités et aux bonnes volontés de nous venir en aide >>, Explique Naby Moussa Sylla.

Pour tenter de rendre cette eau consommable, certaines familles ont recours à des méthodes artisanales. Elles la filtrent à l’aide de moustiquaires afin d’éliminer une partie des impuretés visibles. Une pratique qui reste toutefois insuffisante pour éliminer les bactéries et autres agents pathogènes responsables de nombreuses maladies hydriques.

<< Nous filtrons l’eau avec des moustiquaires pour enlever une partie de la saleté. Malgré cela, elle reste trouble. Nous n’avons pas le choix. L’eau est indispensable à la vie. Nous demandons de l’aide afin que nos enfants et nos familles puissent enfin avoir accès à une eau potable >>, témoigne Oustaz Oumar Sylla.

Derrière ces témoignages se dessine une réalité alarmante : celle d’une population exposée chaque jour aux maladies liées à l’eau insalubre, notamment les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes. Pour les habitants de Koura, la réalisation d’un forage ou l’installation d’une pompe moderne ne constituerait pas seulement un projet de développement, mais une réponse urgente à un besoin vital.

À l’heure où l’accès à l’eau potable demeure un droit fondamental, les habitants de Koura espèrent que leur cri de détresse sera enfin entendu. Car dans ce village de Pita, chaque goutte d’eau potable représente aujourd’hui un espoir de santé, de dignité et d’avenir.

Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com