Prestation de serment à la Cour d’Appel de Conakry : deux nouveaux avocats s’engagent au service de la justice
La Cour d’Appel de Conakry a servi de cadre, ce vendredi 27 mars 2026, à la cérémonie solennelle de prestation de serment de Maîtres Ibrahima Sory Camara et Abdourahamane Camara. L’événement, qui a réuni plusieurs invités issus du monde judiciaire et institutionnel, marque l’entrée officielle de ces deux juristes dans la profession d’avocat en République de Guinée.

Titulaire notamment d’un doctorat en droit public de l’Université Grenoble Alpes, avec une thèse consacrée à « la propriété et la domanialité publiques en Guinée », Maître Ibrahima Sory Camara rejoint le barreau avec un solide parcours académique. À ses côtés, Maître Abdourahamane Camara, déjà inscrit au barreau de Marseille depuis octobre 2021, vient renforcer les rangs du barreau guinéen avec une expérience professionnelle acquise à l’international.
Prenant la parole à cette occasion, le Bâtonnier par intérim, Maître Alpha Amadou DS Bah, a salué la qualité des parcours des nouveaux impétrants. Il a insisté sur les exigences de la profession d’avocat, rappelant qu’au-delà des diplômes, celle-ci repose sur des valeurs fondamentales telles que la probité, la rigueur et la persévérance. Selon lui, être avocat, c’est avant tout faire le choix d’un idéal : celui de défendre l’humain et de servir la justice, dans le respect des institutions et des règles déontologiques.
« Cet engagement s’inscrit dans une relation constante avec les acteurs de l’institution judiciaire : Avec les magistrats : l’avocat entretient un rapport fondé sur le respect, la loyauté et la dignité des débats. Si leurs rôles diffèrent, leur objectif est commun : rendre une justice équitable. L’avocat éclaire, questionne, plaide, parfois conteste, mais toujours dans le respect de l’autorité de la Cour. Avec les greffiers : partenaires indispensables du fonctionnement de la justice, l’avocat partage le quotidien de la procédure. Le respect, la courtoisie et la collaboration avec le greffe sont essentiels à une justice efficace et ordonnée. Mais la mission de l’avocat ne se limite pas aux prétoires. Elle se prolonge et prend tout son sens dans la relation qu’il entretient avec ses clients. Chers confrères vous serez pour eux bien plus qu’un technicien du droit. » A-t-il declaré
Dans le même esprit, le procureur général Fallou Doumbouya a souligné la portée institutionnelle de cette audience solennelle. Il a rappelé que le serment prêté par les nouveaux avocats constitue un engagement juridique fort, dont le non-respect peut entraîner des conséquences disciplinaires, civiles, voire pénales. Insistant sur les fondements constitutionnels et internationaux de la profession, il a mis en avant le rôle essentiel de l’avocat dans la garantie d’un procès équitable et dans la consolidation de l’État de droit.

« L’audience solennelle qui nous réunit ce jour revêt une portée institutionnelle majeure car elle consacre l’entrée officielle dans la profession d’avocat de nouveaux acteurs appelés à participer, de manière déterminante, à l’équilibre du procès et à la consolidation de l’État de droit Saisi par le Conseil de l’Ordre des Avocats, conformément aux dispositions de l’article 7 de la loi L/2004/014/AN du 26 mai 2004 portant réorganisation de la profession d’avocat, le Ministère public entend, au-delà de la vérification de la régularité de la procédure, rappeler avec gravité la densité des engagements que comporte le serment qui sera prêté. Aux termes de cet article, les impétrants prêteront le serment suivant : « Je jure de remplir dignement et loyalement ma mission en veillant au respect strict des règles de mon ordre et de ne jamais m’écarter du respect dû aux cours et tribunaux. Ce serment n’est ni une formalité, ni un symbole dépourvu de portée. »

Le Premier président de la Cour d’Appel de Conakry, Alphonse Charles Wright, a pour sa part exhorté les nouveaux avocats à considérer leur serment comme un véritable pacte moral et professionnel. Il a insisté sur la responsabilité qui leur incombe désormais, notamment en matière de respect du secret professionnel et de défense des intérêts des justiciables. Il a également rappelé l’importance de la confraternité et du respect mutuel entre les différents acteurs du système judiciaire.
« La Cour ne cessera jamais de le dire, comme le rappelait tantôt le Bâtonnier par intérim ajouté aux pertinentes réquisitions du Ministère Public, que le serment auquel vous devrez être amené à prêter pour nous n’est qu’un acte solennel où vous prenez désormais l’engagement devant le peuple de Guinée, devant les citoyens dont vous aurez la responsabilité professionnelle de défendre leurs intérêts. L’acte de serment que vous prêterez, la Cour vous invite à considérer cet acte désormais comme le point de départ qui vous lie, qui vous oblige, qui vous ramène à signer un pacte avec vous-même. Ce pacte n’est autre que celui désormais de vous conformer strictement, particulièrement pour ne pas dire essentiellement, à vos obligations professionnelles contenues dans la loi qui régit la profession d’avocat en République de Guinée. »
À l’issue de la cérémonie, Maître Ibrahima Sory Camara a exprimé sa fierté et sa reconnaissance envers les autorités, l’Ordre des avocats et ses proches. Il a réaffirmé son engagement à défendre les droits humains et à œuvrer dans l’intérêt général, soulignant que la mission de l’avocat dépasse les intérêts individuels pour s’inscrire dans une dynamique collective au service de la justice.

« C’est un sentiment de fierté et très heureux. Je voudrais d’abord commencer à remercier tout d’abord les autorités du pays, le Ministère de la Justice, mes parents, aussi l’ordre des avocats au barreau de Guinée pour nous avoir, suite à en tout cas cette candidature, nous avoir émis un avis favorable. Nous sommes très heureux. Après, c’est comme je le disais tout à l’heure-là, c’est vraiment un sentiment de fierté de vouloir rejoindre l’équipe. Le bâtonnier par intérim l’a rappelé tout à l’heure-là, nous avons nos missions. C’est-à-dire qu’en dépit de tout ce que nous faisons, il y a aussi le côté humanisme. On s’engage à défendre les droits humains, mais aussi le droit des uns et des autres. Tout cela doit être condensé à l’intérêt général. Donc forcément quand on parle au lieu des avocats, on ne voit pas directement en fait un intérêt personnel parce que de l’autre côté, on voit aussi défendre les droits humains. En défendant les droits humains forcément, en fait, on fait allusion ici à l’intérêt général. C’est cela le plus important. Et aussi nous avons également pour mission d’accompagner enfin… les magistrats dans leur prise de décisions parce que nos différentes interventions feront en sorte que le magistrat en fait puisse prendre aussi des décisions conformément aux lois et règlements du pays. »
Cette prestation de serment consacre ainsi l’entrée de deux nouveaux acteurs dans le système judiciaire guinéen, appelés à jouer un rôle déterminant dans la défense des droits et libertés.

Entre exigences éthiques, responsabilités professionnelles et engagement citoyen, Maîtres Ibrahima Sory Camara et Abdourahamane Camara incarnent une nouvelle génération d’avocats résolument tournée vers le renforcement de l’État de droit en Guinée.
Par Diaraba Aly, pour lerenifleur224.com