Session criminelle à Boké : le procureur Amadou Diallo se félicite d’un verdict “conforme aux réquisitions”

La première session criminelle de l’année au tribunal de première instance de Boké a connu son épilogue ce lundi 23 février 2026, après trois semaines de débats intenses. Quinze accusés comparaissaient à la barre pour des faits qualifiés de criminels.

À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, le tribunal dirigé par le juge Lamine Konaté a rendu un verdict mêlant condamnations lourdes et acquittements.

Parmi les décisions prononcées, cinq accusés ont été acquittés pour insuffisance de preuves. Deux autres ont écopé d’une peine d’un an de prison assortie de sursis, leur permettant de recouvrer immédiatement la liberté. En revanche, cinq accusés ont été condamnés à 30 ans de réclusion criminelle, tandis qu’un autre a été condamné à 15 ans de prison ferme.Un parquet satisfait

Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Boké, Amadou Diallo, s’est dit « très satisfait » à l’issue du délibéré. Il a rappelé que cette session était la première organisée depuis son installation à la tête du parquet, ouverte le 30 janvier 2026.« Toute ouverture suppose une clôture », a-t-il souligné, estimant que la décision rendue reflète globalement les réquisitions du ministère public. « Dans la quasi-totalité des dossiers, le tribunal nous a suivis », a-t-il déclaré, se réjouissant à la fois des condamnations et des acquittements prononcés.

Le magistrat a tenu à préciser que le rôle du parquet n’est pas uniquement de requérir des peines sévères

« Quelle que soit notre volonté de sévir, si les faits reprochés à l’accusé ne tiennent pas ou ne sont pas constitués, nous ne pouvons que requérir la décharge en sa faveur. » Une position qui, selon lui, traduit le respect des principes fondamentaux du droit pénal. La défense annonce des appelsDu côté de la défense, le ton est plus nuancé. Maître Abdoulaye Keita s’est dit satisfait des acquittements et des peines avec sursis, tout en annonçant son intention d’interjeter appel pour les condamnations les plus lourdes.

« Cinq personnes ont été acquittées faute de preuves. En matière pénale, lorsqu’il n’y a pas d’élément matériel, le tribunal ne peut que prononcer l’acquittement », a-t-il expliqué. Il a toutefois confirmé qu’il relèverait appel pour les condamnations de 30 ans, 15 ans et celles assimilées à la perpétuité, afin que la cour d’appel réexamine les dossiers. L’avocat a également relevé l’absence des parties civiles à l’audience, estimant que cette situation traduirait, selon lui, des « doutes » ou un manque d’éléments probants.

Cette première session criminelle de l’année à Boké s’achève ainsi sur un verdict contrasté, illustrant la complexité des dossiers examinés.

Entre satisfaction affichée du parquet et volonté de la défense de poursuivre la bataille judiciaire en appel, l’affaire est loin d’avoir livré son dernier mot. La cour d’appel sera désormais appelée à se prononcer, prolongeant un débat judiciaire qui aura marqué le début de l’année judiciaire 2026 dans la cité minière.

par Rama Fils, depuis Boké, pour Lerenifleur224.com