Procès du 28 septembre 2009 : le tribunal ordonne la libération de Jean-Louis Gpogomou, Georges Olemou et Thomas Touaro.

Le tribunal criminel ad hoc de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry, a rendu sa décision ce lundi 23 février 2026 dans le cadre du procès des événements du 28 septembre 2009. Dans le dossier concernant Jean-Louis Gpogomou, Georges Olemou et Thomas Touaro, le juge a ordonné la libération immédiate des accusés.


Cette décision, très attendue, a suscité de vives réactions aussi bien du côté de la défense que de la partie civile.

Pour Maître David Beavogui, l’un des avocats des accusés, cette décision marque un tournant important.
Selon lui, après quatre années de « détention arbitraire et illégale », ses clients ont été « libérés purement et simplement par la justice guinéenne ». Il estime qu’il s’agit d’« une victoire de toute la justice guinéenne sur l’arbitraire ».

L’avocat explique que le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry, a constaté la nullité de la procédure engagée contre ses clients. Il précise également que la juridiction a confirmé l’arrêt numéro 9 de la deuxième salle de contrôle de l’instruction de la cour d’appel de Conakry, qui avait déjà annulé cette procédure.

Par voie de conséquence, le tribunal a ordonné leur mise en liberté, s’ils ne sont pas détenus pour une autre cause.

Pour la défense, « le procès est terminé », sauf appel éventuel du ministère public ou des parties civiles. Toutefois, Maître Beavogui insiste : la question de la détention ne saurait être remise en cause.

« Les clients ne peuvent plus être inquiétés en vertu d’une procédure morte, enterrée », affirme-t-il, évoquant un message d’espoir adressé à la population, à l’opinion publique et aux étudiants en droit.

De son côté, Maître Bernard Saa Disy Milimono, avocat de la partie civile, exprime une profonde réserve quant à la décision rendue.

Il estime que le tribunal « n’a pas observé l’équilibre entre les parties », reprochant à la juridiction de ne pas avoir discuté les moyens soulevés par la partie civile. Selon lui, le tribunal s’est contenté d’indiquer que les parties civiles faisaient les arguments développés par le parquet, ce qu’il conteste fermement.

« Nous avons nos propres moyens, notre propre argumentation, exposés dans nos conclusions écrites et dans nos plaidoiries orales », soutient-il, précisant que ces éléments n’ont pas été examinés par le tribunal.

L’avocat évoque notamment la question d’un pourvoi déclaré irrecevable par la Cour suprême, exercé contre un arrêt rendu en 2022, qu’il affirme inexistant dans le dossier. Il souligne également que toutes les parties auraient formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la deuxième chambre, pourvoi qui, selon lui, aurait un effet suspensif. Autant d’arguments qui, d’après la partie civile, n’ont pas été analysés dans la décision rendue. Estimant que l’arrêt n’est

« pas fondé au regard de la loi », Maître Milimono annonce son intention d’interjeter appel. « La bataille ne fait que commencer », prévient-il.

Par Mimi, Bangoura, pour Lerenifleur224.com