Affaire Kénendé : une plainte de l’érudit Elhadj Wakil Keïta conduit cinq accusés devant le TPI de Kindia
À la suite d’une plainte pour diffamation déposée par l’érudit de Kindia, Elhadj Wakil Keïta, contre certains sages et imams du quartier Kénendé, cinq personnes mises en détention le vendredi dernier ont comparu ce lundi 9 février 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia.

Elles sont poursuivies pour diffamation à travers une lettre jugée mensongère à l’encontre de ce grand érudit. À la barre, les cinq prévenus dont trois sages, un jeune et un imam ont reconnu, après une demi-journée d’audience, les faits qui leur sont reprochés et ont plaidé le pardon auprès de la justice.Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a requis la mise en liberté provisoire des prévenus pour une durée de deux semaines.
<< Comme je l’ai toujours dit, la force doit rester à la loi, quelle que soit la personne concernée. La loi est la même pour tous. Ces citoyens du quartier Kénendé se sont réunis et, malgré le fait que ce monsieur leur ait offert une mosquée, ils se sont permis de rédiger un document lui attribuant des propos qu’il n’a jamais tenus. C’est ce qui a motivé la plainte pour diffamation. Nous avons estimé qu’il s’agissait de faux, constituant un document falsifié. Aujourd’hui, le procès a eu lieu, tout le monde a compris et les prévenus ont demandé pardon >>, a déclaré le procureur.Selon les explications fournies, l’affaire trouve son origine dans la construction d’une mosquée offerte par Elhadj Wakil Keïta à la population de Kénendé.
<< Un document a été rédigé sous prétexte que Wakil Keïta aurait conditionné la réalisation de routes ou de goudron au limogeage du premier imam. Des propos qui ne sont pas les siens lui ont été attribués. Vingt-trois imams se sont réunis pour rédiger ce document. Ce qui est grave, car ils ont voulu ternir son image, son honneur et sa dignité. Pourtant, c’est un érudit connu pour ses œuvres sociales partout où il est passé >>, a poursuivi le magistrat.Le procureur a rappelé que la diffamation est une infraction prévue et punie par le Code pénal.
<< Que l’on soit religieux ou non, dès lors que l’on profère des allégations mensongères contre un citoyen, celui-ci est en droit de porter plainte >>, a-t-il souligné.Cette affaire, qui a secoué la chronique dans la cité des agrumes, particulièrement au quartier Kénendé, a conduit les autorités religieuses à suspendre certains imams de leurs fonctions, à l’issue d’une concertation interne. Les imams concernés sont :Elhadj Naby Moussa Soumah, premier imam de la mosquéeImam Latif SyllaImam Mohamed DoumbouyaImam Ibrahima Sory Camara, dit Tènè BaridiCes suspensions ont été prononcées jusqu’à nouvel ordre par le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses de Kindia, Elhadj Karamba Diaby, dans le but de préserver la paix et la quiétude sociale dans le quartier.

À noter que les cinq personnes interpellées dans cette affaire ont été mises en liberté provisoire pour deux semaines. Le président du tribunal a renvoyé l’audience au 18 février 2026, en attendant la comparution du chef de quartier de Kénendé et de son adjoint pour la suite des débats.Mohamed
Par Mohamed Camara, pour Lerenifleur224.com