Kindia a abrité, ce mardi 27 janvier 2026, le lancement officiel d’une retraite de trois jours des formateurs du Centre de Formation Judiciaire (CFJ), consacrée à la revue, l’actualisation et l’harmonisation des syllabi de formation, ainsi qu’à l’examen de plusieurs questions pédagogiques stratégiques pour l’avenir de la justice guinéenne.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Secrétaire générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Mme Irène Marie Hadjimalis, en présence des responsables du CFJ, des formateurs et de nombreux acteurs du système judiciaire. Cette retraite réunit une quarantaine de magistrats et de greffiers formateurs, appelés à jouer un rôle clé dans la modernisation de la formation judiciaire en Guinée.

L’initiative vise notamment à procéder à une évaluation critique des syllabi existants pour les différentes filières du CFJ, à actualiser les contenus de formation à la lumière des réformes législatives et réglementaires récentes, et à assurer une meilleure cohérence pédagogique entre les modules.

Elle ambitionne également d’intégrer des approches pédagogiques modernes, axées sur les compétences, d’améliorer les méthodes d’enseignement et d’évaluation, d’identifier les besoins en renforcement des capacités des formateurs et de définir une feuille de route pédagogique pour les années à venir.
Dans son discours, le Directeur général du Centre de Formation Judiciaire, Alhassane Naby Camara, a souligné le caractère stratégique de cette retraite. Il a rappelé que le CFJ repose avant tout sur la qualité et l’engagement de ses formateurs, véritables piliers de la transmission du savoir, de l’éthique et de la rigueur professionnelle. Face à l’évolution rapide de la criminalité, notamment économique, financière et numérique, il a insisté sur la nécessité d’une formation plus technique, plus pratique et davantage alignée sur les standards internationaux. Selon lui, la crédibilité de la justice dépend étroitement de la qualité de la formation initiale et continue des acteurs judiciaires.

<<Si nous avons jugé nécessaire d’organiser cette retraite, c’est parce que la formation judiciaire fait face à des enjeux nouveaux, complexes et parfois exigeants. Premier enjeu : l’évolution rapide de la criminalité. Nous ne formons plus des magistrats pour une justice simple et prévisible. Nous faisons face à des dossiers de criminalité économique et financière, de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme, de cybercriminalité, de criminalité transnationale organisée. Ces réalités imposent une formation : plus technique, plus pratique, et mieux connectée aux standards internationaux.>> a souligné Alhassane Naby Camara
Prenant la parole à son tour, la Secrétaire générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a situé cette retraite dans le contexte plus large de la refondation de l’État, engagée depuis 2021 sous l’impulsion du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Elle a affirmé que la justice constitue le pilier central de cette refondation et que l’acte de juger exige une compétence technique irréprochable, au-delà de la seule probité morale.
Mme Hadjimalis a plaidé pour une refonte structurelle des curriculums de formation autour d’une approche intégrée de la chaîne de justice, impliquant magistrats, greffiers, avocats, huissiers et notaires. Elle a notamment évoqué la nécessité d’allonger la durée de la formation à trois ans, avec une forte dominante pratique, de renforcer l’apprentissage de l’éthique, de la gestion du temps judiciaire, de la psychologie de l’audience et de la preuve numérique, ainsi que d’encourager la spécialisation des magistrats par pôles d’expertise.

<< Je précise cette retraite a lieu dans un contexte qui place la Justice au Cœur de la Refondation de l’Etat sous l’empire de la nouvelle constitution. En effet, sous la haute impulsion de Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la République, Chef de l’Etat, la Guinée s’est engagée, depuis 2021, dans un vaste chantier de refondation. Cette vision postule que la Justice constitue le pilier central, je dirai la boussole qui oriente la stabilité et la crédibilité de notre société, lesquelles reposent sur la compétence de ceux qui la servent. Je fais remarquer que l’acte de juger est une responsabilité immense qui exige, au-delà de la probité, une maîtrise technique irréprochable. Si la loi est la boussole, le magistrat est le capitaine qui doit savoir naviguer dans les eaux de plus en plus complexes de la modernité. Il ne peut donc y avoir de justice forte sans une formation de qualité. Investir dans la formation, c’est investir dans le système immunitaire de notre démocratie.>> A mentionné Irène Marie Hadjimalis

À l’issue des travaux, plusieurs résultats majeurs sont attendus : des syllabi de formation revus, actualisés et harmonisés, des programmes alignés sur les besoins actuels du système judiciaire guinéen et des méthodes pédagogiques renforcées, orientées vers une approche par compétences. Autant d’avancées qui devraient contribuer à faire du Centre de Formation Judiciaire une institution de référence, au service d’une justice plus crédible, plus efficace et plus indépendante.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com