Drogue Kush à Kindia : ‘’Près de 100 cas critiques et 3,4 milliards dépensés’’, l’alerte choc du directeur de l’hôpital contre le fléau
La jeunesse de la « ville des agrumes », réunie au sein d’une association locale, a procédé ce jeudi au lancement officiel du projet communal de sensibilisation contre la drogue Kush. Placée sous le thème « Jeunesse consciente et engagée pour un avenir sans drogue », l’initiative est organisée sous le haut patronage de la ministre de l’Agriculture, Mariama Ciré Sylla, dans une Maison des Jeunes bondée et particulièrement mobilisée. Le programme, qui s’étend du 26 novembre au 10 décembre 2025, vise à prévenir, alerter et mobiliser largement face à la propagation alarmante de cette drogue dans plusieurs régions du pays.
Invité à prendre la parole, le directeur général de l’Hôpital Régional de Kindia, Dr Konaré Drissa Bina, a livré un témoignage poignant ponctué de chiffres saisissants. Déplorant la hausse exponentielle des cas liés au Kush, il a insisté sur la nécessité de multiplier les initiatives préventives :
« C’est beau de parler de couches, mais c’est difficile… extrêmement difficile de voir un enfant, un jeune dans cette situation», a-t-il déclaré avec émotion.
Le DG a révélé que près de 100 patients en situation critique ont été accueillis récemment au service d’urgence, en évoquant des cas d’une violence choquante :
« Des jeunes… avec la langue tenue par des tenailles, avec des fils de fer».
Il a également indiqué que l’hôpital a enregistré environ 4 000 prises en charge d’accidents de la circulation, pour un coût total avoisinant 3,4 milliards de francs guinéens. Selon lui, cet investissement colossal pourrait à lui seul « former 100 médecins et 250 infirmiers » pour la région sanitaire.
Entre chiffres alarmants, témoignages bouleversants et engagement institutionnel fort, Kindia lance un signal national : la lutte contre le Kush ne peut être gagnée sans une synergie entre jeunesse, autorités sanitaires et institutions judiciaires. Alors que les initiatives se multiplient, l’appel est clair : il est urgent d’agir collectivement pour préserver une génération menacée, et donc l’avenir même du pays.
Par Rama Fils, de retour de Kindia, pour lerenifleur224.com