Travailleurs non payés sur le chantier Coyah-Mamou-Dabola : le cri de détresse des sous-traitants de KAPRESGUI
Tout est parti des travaux de reprofilage de la route nationale Coyah–Mamou–Dabola, confiés à l’entreprise KAPRESGUI, basée à Kindia, pour la sous-traitance. Mais pour les travailleurs impliqués, cette mission s’est transformée en véritable cauchemar.
Ce jeudi 21 août 2025, une rencontre avec Diallo Boubacar, porte-parole des ouvriers concernés, a permis de mettre en lumière une situation alarmante.
« C’est l’entreprise KAPRESGUI qui nous a employés. Je suis chauffeur de profession. Nous avons travaillé jusqu’à la fin du chantier. Pourtant, ceux qui ont démissionné avant la fin ont été payés, alors que nous, qui avons tenu bon jusqu’au bout, n’avons toujours rien reçu. Cela fait maintenant un an. Les paiements devaient intervenir en juin 2024, mais depuis, silence radio », déplore-t-il.
L’homme raconte les démarches entreprises pour réclamer leur dû :
« Nous avons frappé à plusieurs portes. J’ai été à la Sûreté de Labé, qui nous a orientés vers le commissariat de Kindia. Là-bas, les policiers ont convoqué le responsable de l’entreprise. Nous avons aussi rencontré le gouverneur de Kindia, qui a demandé à l’inspecteur régional du travail de se saisir du dossier. Mais ce dernier refuse même de nous écouter. Il nous donne sans cesse de faux rendez-vous. »

Aujourd’hui, ce sont 14 travailleurs qui se retrouvent dans une impasse, certains réclamant jusqu’à quatre à cinq ans d’arriérés de salaire. La détresse est palpable :
« Nous avons des familles à nourrir. Nous demandons aux autorités de la transition, en particulier au président de la République, de s’impliquer pour que justice soit faite. »
Toutes nos tentatives pour rentrer en contact avec un responsable de l’entreprise mise en cause ont été vaine. Ce dossier met en lumière les lacunes dans le suivi et la régulation des entreprises sous-traitantes dans les projets d’infrastructures publiques. Alors que les chantiers se multiplient dans le pays, la protection des droits des travailleurs demeure un enjeu crucial. Le cas des ouvriers de KAPRESGUI appelle une réponse rapide des autorités, au nom de la justice sociale et du respect des engagements contractuels.
Par Thierno Chérif Souaré, depuis Labé, pour Lerenifleur224.com