Kankan : Le président des boulangers justifie la hausse du prix du pain

La ville de Nabaya a connu ces derniers jours une brusque augmentation du prix du pain sur le marché. Une situation qui a suscité colère et inquiétude parmi les citoyens, qui pointent du doigt les boulangers. Face à ces critiques, le président des boulangers de Kankan, Aly Badra Traoré, est sorti de son silence ce mardi 22 juillet pour expliquer les raisons de cette hausse.

Selon lui, cette augmentation est principalement due à la flambée du prix de la farine

 

 

« L’augmentation du prix du pain est liée au problème de la farine. Nous revendons la marchandise en fonction du prix auquel nous l’achetons. Mais comme c’est nous qui vendons le pain, nous sommes les premiers pointés du doigt. Actuellement, si ce n’était pas l’amour que nous avons pour ce métier, nous ne pourrions pas continuer à l’exercer. Le pain est un aliment consommé matin et soir, c’est pour cela que nous faisons cet effort pour la population », a-t-il déclaré.

Aly Badra Traoré précise également que cette hausse aura un impact sur la taille des pains vendus :

« Il existe deux types de pain : le gros pain et le petit pain. Avant, nous fabriquions le petit pain, mais avec le prix actuel du sac de farine, si vous confectionnez du pain en maintenant l’ancien prix, vous serez critiqué. C’est pourquoi nous avons décidé de maintenir uniquement le gros pain, vendu à 5 000 francs guinéens. La farine est tellement coûteuse que nous ne pouvons plus produire le petit pain », a-t-il ajouté.

Le président des boulangers signale par ailleurs une rareté inquiétante de la farine sur le marché

« La farine est devenue rare. Ce matin même, j’ai eu du mal à en trouver. Avant, elle coûtait 400 000 francs, mais les boulangers sont venus me dire qu’ils allaient arrêter de travailler. Je leur ai dit de continuer, mais le lendemain, le prix a grimpé jusqu’à 480 000 francs. Hier, pendant notre réunion, quelqu’un m’a appelé pour dire qu’il a payé un sac de farine à 500 000 francs. Ce qui coûtait 360 000 francs auparavant est aujourd’hui à 500 000, et ce problème ne touche pas seulement Kankan, mais aussi d’autres villes », a-t-il déploré.

Cette augmentation du prix du pain à Kankan, conséquence directe de la flambée et de la rareté de la farine, risque d’aggraver les tensions entre consommateurs et boulangers. Ces derniers appellent à la compréhension de la population face à une situation qu’ils subissent eux-mêmes.

 

 

 

Par Kadija Kolou Condé pour lerenifleur224.com