Urgent / Koloma : Des ouvriers du chantier de la cité administrative protestent contre leurs conditions de travail

Ce mercredi 5 février, les ouvriers du centre directionnel de Koloma, où se construit la future cité administrative de Guinée, ont de nouveau manifesté pour réclamer de meilleures conditions de travail et la fin de la sous-traitance.

 

 

Interrogé, Kerfala Bangoura, chef du syndicat des ouvriers, a dénoncé la précarité des conditions de travail sur le chantier.

 

 

« Cela fait dix jours que nous tentons de négocier avec eux, mais ils refusent. Personne ne connaît son salaire exact ici, cela change selon l’humeur de ceux qui nous paient. S’il vous plaît, Monsieur le Président, venez nous sortir des griffes de ces gens ! Nous avons des problèmes ici, sur le chantier de construction de la cité administrative. L’entreprise ACC, à qui vous avez confié les travaux, nous fait souffrir. Ce matin, ACC a envoyé 27 pick-up pour nous réprimer. Si vous (Mamadi Doumbouya) ne venez pas, ils risquent de nous massacrer, mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous réclamons nos droits », a-t-il déclaré.

Le syndicat a également dénoncé l’intervention des forces de l’ordre, qui auraient fait usage de gaz lacrymogène contre les manifestants.

 

 

« Ce matin, les agents déployés ont utilisé des gaz lacrymogènes. Nous avons enregistré trois blessés, actuellement hospitalisés. Pourtant, hier, lors des négociations, ils nous avaient promis qu’il n’y aurait plus de sous-traitance et que nous pourrions reprendre le travail normalement aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Kerfala Bangoura affirme avoir reçu des propositions de corruption de la part de certains responsables de l’entreprise pour mettre fin au mouvement de protestation.

« Razac Camara et le représentant de GTI m’ont appelé hier pour me proposer 60 millions et un voyage à l’étranger en échange d’une signature pour abandonner la lutte. Je leur ai demandé leurs noms, mais ils ne m’ont pas répondu. Ils m’ont juste dit que si j’acceptais leur proposition, je devais leur envoyer mon compte pour qu’ils m’envoient l’argent. J’ai dit non », a-t-il dénoncé.

 

 

Alors que les ouvriers réclament des améliorations concrètes, le dialogue avec les responsables du chantier semble au point mort. La répression des manifestations et les tentatives de corruption dénoncées par les travailleurs risquent d’envenimer davantage la situation. Les ouvriers appellent les autorités à intervenir pour éviter une escalade du conflit.

 

 

 

Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com