Disparitions forcées et enlèvements  ‘’Cette lutte en tant que citoyen, nous la mèneront même si c’est au prix de notre sang’’ (Ibrahima Kalil Diallo, Mouvement Agissons Pour la Guinée)

Sous les menaces croissantes, de nombreux citoyens de la République de Guinée choisissent de se taire afin d’éviter les risques d’enlèvements, d’emprisonnements ou toute autre forme de restriction de leur liberté d’expression. Ibrahima Kalil Diallo, artiste engagé et président du Mouvement Agissons Pour la Guinée (APG), exprime fermement son indignation face à cette situation, qualifiant cet état de fait de profondément « estomaquant ».

Ce journaliste reconverti en politique, dénonce les faiblesses de ceux qui, depuis près de vingt ans, ont réclamé la démocratie et l’État de droit sous le régime de l’ancien président Lansana Conté, et qui aujourd’hui semblent se retirer face à la répression actuelle.

« Je dis que je suis très déçu, déçu de tous ces acteurs là, qui, pendant presque vingt ans, réclamaient la démocratie, l’État de droit, et disaient que Cellou Dalein Diallo a peur, Aliou Bah a peur, et qu’ils soient absents ici, même si cette lutte n’est pas faite pour un leader. Est-ce que cela encourage à poursuivre la lutte ? Combien de défenseurs des droits de l’homme sont présents aujourd’hui ? Je suis déçu, je suis déchiré au fond de moi », s’indigne Ibrahima Kalil Diallo.

Quelques jours auparavant, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation avait publié un communiqué demandant à tous les mouvements sociaux de suspendre leurs activités tant qu’ils n’avaient pas reçu d’autorisation officielle pour les mener. Face à cette décision, Ibrahima Kalil Diallo réagit au nom de son mouvement :

« Au nom de notre mouvement, nous sommes disposés à accompagner toutes initiatives qui vont concourir à obtenir la libération du président du MODEL Aliou Bah et des autres détenus. Cette lutte en tant que citoyen, nous la mènerons même si c’est au prix de notre sang », insiste-t-il.

Un climat de peur et de répression pèse sur la Guinée, mettant à mal les efforts pour instaurer une véritable démocratie. Les voix des citoyens, des défenseurs des droits de l’homme et des mouvements sociaux, risquent d’être muselées, mais certains, comme Ibrahima Kalil Diallo, continuent de se battre, avec la conviction que la liberté d’expression et la justice doivent triompher, coûte que coûte.

 

 

Par Morikè Kaba, pour lerenifleur224.com