Tchad : incendie meurtrier d’un dépôt de munitions de l’armée à N’Djamena

Le plus important dépôt de munitions de l’armée tchadienne a pris feu dans la nuit de mardi à mercredi, provoquant de puissantes explosions dans la capitale N’Djamena. Le président Mahamat Idriss Déby Itno a présenté ses condoléances aux familles des victimes sans en préciser le nombre.

Un gigantesque incendie et deux heures de puissantes explosions en chaîne dans un dépôt de munitions de l’armée ont tué un nombre indéterminé de personnes dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 juin dans la capitale du Tchad N’Djamena.

 

Le ciel de la ville a paru s’embraser littéralement au-dessus du quartier de Goudji et de sa « poudrière », le nom communément donné au plus important dépôt de munitions de tous calibres et d’armes lourdes de l’armée, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

De très nombreuses et très puissantes détonations ont résonné deux heures durant, faisant trembler des bâtiments parfois jusqu’à 6 ou 7 kilomètres du sinistre, avant de s’espacer puis cesser vers minuit et demi mercredi (23 h 30 GMT mardi). Une épaisse fumée rougeâtre s’élevait encore dans le ciel, visible à plusieurs kilomètres.

 

Explosions en chaîne

De nombreux projectiles de tous calibres ont été propulsés dans le ciel et explosaient à intervalles réguliers, selon des journalistes de l’AFP. Il était impossible de s’approcher du sinistre en raison d’un imposant cordon de sécurité dressé par les militaires, a indiqué l’un de ces journalistes.

« Paix aux âmes des victimes, sincères condoléances aux familles éplorées et prompt rétablissement aux blessés », a écrit le président Mahamat Idriss Déby Itno sur sa page Facebook, sans en préciser le nombre ni l’origine de l’incendie. « Une enquête sera ouverte pour déterminer les causes et situer les responsabilités », a-t-il simplement promis.

Le quartier de cet arsenal, situé non loin de l’aéroport international, abrite de nombreuses habitations.

« Un incendie s’est déclaré dans un magasin de munitions militaires situé à Goudji, provoquant des explosions importantes. La population est invitée à garder le calme », avait annoncé une demi-heure après les premières explosions Abderaman Koulamallah, ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement. « Le plus grand dépôt de munitions de N’Djamena a pris feu », avait assuré à l’AFP par téléphone un responsable de haut rang de l’armée qui a requis l’anonymat.

Armes lourdes

« Le toit de notre maison a été emporté par une des explosions », a témoigné à l’AFP au téléphone Kadidja Dakou, 36 ans, qui habite dans le quartier d’Amsinéné, jouxtant celui de Goudji. Cette mère au foyer et ses trois enfants se sont réfugiés dans la rue comme tous leurs voisins, selon elle, de peur que leurs maisons ne s’effondrent.

L’arsenal de Goudji est situé près d’importantes garnisons et de l’état-major de l’armée, de l’aéroport international Hassan Djamous et de la base militaire Adji Kosseï qui abrite des éléments des Forces françaises au Sahel (FFS).

« À l’heure actuelle, il n’y a pas de militaires français blessés », a assuré vers minuit à l’AFP un responsable des FFS qui n’a pas précisé si la base française avait été affectée par l’incendie et les explosions. « Tout ce que l’on sait c’est qu’il s’agit d’un incendie au sein du dépôt de la Direction générale de la réserve stratégique (DGRS) de l’armée tchadienne, qui a occasionné des explosions de munitions de tous calibres », a-t-il précisé, sous couvert d’anonymat.

 

 

 

 

 

Avec AFP