Général Ibrahima Baldé à la barre : << Jean Marie qui me connaissait un peu, dit à Sydia tu peux rire maintenant, on est sauvé >>
À l’époque des faits, chef d’état-major général de la gendarmerie, le Général à la retraite Ibrahima Baldé a donné sa part de vérité ce mercredi 6 décembre 2023 sur les événements douloureux du 28 septembre devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry.
Après avoir formulé des prières à l’endroit des victimes, le général à la retraite a tenu à faire quelques précisions sur sa prise de fonction à la tête de la gendarmerie le 5 septembre 2009. Selon lui, La gendarmerie nationale ne possédait aucun véhicule à son arrivée et que jusqu’à ce moment, l’état-major de la gendarmerie, relévait de l’état-major de l’armée.
Sur les événements douleureux du 28 septembre 2009, le général Baldé explique.
<< Parlant des événements du 28 septembre et sur la base du serment que j’ai prêté ici devant vous, deux semaines avant le 28 septembre 2009, les rumeurs avaient commencé à circuler pour dire que le président Dadis avait l’intention de se présenter aux élections, si seulement les élections seraient organisées. Et que la société civile, les partis politiques et tant d’autres ne voulaient pas de cela. Et que si cela se faisait, il y a pas de raison qu’il y aurait pas de manifestations sur l’ensemble du territoire.
Et jusqu’au 26, même dans les téléphones, les messages venaient Surtout sur orange>>, a-t-il déclaré.
Poursuivant, ce général à la retraite a fait savoir qu’une réunion avait belle et bien eue lieu avant le 28 septembre.
<< Moi personnellement, le 27 j’ai reçu un appel du chef d’état major général de l’armée en personne en me disant, est-ce que vous êtes au courant qu’on a une réunion ? Donc on se retrouve au camp Alpha Yaya pour la réunion. Je me suis rendu dans mon entendement à l’heure.
Nous avons fait un partage d’information et moi même j’ai pris la parole pour dire devant nos collègues, que cette situation va intéresser tout le monde, parce que les gens vont sortir. Lors de cette réunion, une décision a été finalement prise par le chef d’état major. il a dit a tous les militaires de rentrer dans les casernes, sauf la police et la gendarmerie.
J’ai quitté avec ces instructions>>, a laissé entendre, le chef d’état major général de la gendarmerie à l’époque des faits avant de parler des dispositifs qui ont été mis en place par la gendarmerie le jour du 28 septembre.
<< Les dispositifs ont effectivement été montés dans les 5 communes. Dès 5h, moi même je suis allé vérifier. Au niveau de l’escadron de hamdalaye, j’ai trouvé un déferlement de l’axe. L’endroit était inondé de monde sur le coup, j’ai changé d’avis parce que j’avais peur de la protection des éléments. Jai demandé aux agents de rentrer dans la cour et ceux-ci ont fermé la cour devant moi.
Arrivé devant le stade, le dispositif qui était là était déboulonné. Quand suis arrivé, j’ai demandé ils m’ont dit que le chef des opérations a demandé a ce que tout le monde replie au niveau de Donka. Et j’ai demandé comment ça s’est passé ? Ils m’ont dit qu’ils ont fait des chasses pour un premier temps pour disperser mais au fur et à mesure qu’ont les chassait, la foule devenait nombreuse. Après j’ai quitté les lieux.
Arrivé au bureau
pendant que j’étais entrain de discuter, c’est l’officier de garnison qui monte pour dire, le chef d’état major venez vite on n’a envoyé les gens qui ont été blessés. J’ai dit c’est qui? Il a dit j’ai reconnu Jean Marie Doré mais il n’est pas seul. Je viens les voir Sidya, Jean Marie, Mouctar Diallo et Lounceny Fall. Jean Marie qui me connaissait un peu, il dit à Sidya mon frère tu peux rire maintenant, on n’est sauvé. J’ai dit vous venez d’où ? Jean Marie a dit on était au stade>>, a-t-il expliqué à la barre.
Les interrogatoires se sont poursuivis avec les questions du juge Ibrahima 2 Tounkara mais aussi du parquet.
Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com