Kankan : des acteurs socio-politiques, dénoncent du 2 poids 2 mesures dans la répression des manifestations

Au lendemain des injonctions du ministre de la justice, Alphonse Charles Wright demandant au procureur de Kankan, d’engager des poursuites judiciaires contre les organisateurs du mouvement de soutien au CNRD le dimanche 13 août dernier, il a fallu une simple plaidoirie du gouverneur de la région de Nabaya, pour que ces actions judiciaires soient aussitôt abandonnées. Ce qui est contraire aux précédents cas de manifestations, qu’a enregistré la ville de Nabaya dans le passé.

A titre d’exemple, l’on peut citer, la grogne anti délestage du 27 au 28 mars 2023 ou encore celle des femmes du RPG qui ont battu le pavé le 24 mai dernier, pour exiger le retour au pouvoir, le président déchu, Alpha Condé.

Une situation qui est fortement critiquée par les acteurs socio-politiques évoluant dans la ville de Kankan. C’est le cas de Mamby Camara, coordinateur régional du RPG Arc-En-Ciel à Kankan.

« La justice à Kankan, avec ce que nous voyons, elle n’est pas du tout équitable. On a vu, il n’y a pas si longtemps, les jeunes de Kankan ont manifesté pour le courant, ils ont été arrêtés et emprisonnés en l’espace d’une seule semaine. Ça été presque, le même scénario pour certaines femmes du RPG, qui ont manifesté à Kankan et à Siguiri. Elles ont été arrêtées et condamnées sous prétexte qu’aucune manifestation n’est autorisée sur toutes l’étendue du territoire national. Sauf que ces jeunes qui se disent Pro CNRD, ont eu aussi à manifester dans les rues de Kankan. Mais nous, on n’a pas vu cette justice. Ça veut dire que cette boussole de la transition en Guinée, n’existe plus. En tout cas, en ce qui concerne Kankan ». A-t-il Déploré.

Même son de cloche chez Sory Sanoh, membre de la coordination du RPG à Kankan, qui exprime son regret.

« C’est avec regret et amertume, que nous constatons que la justice guinéenne fait du 2 poids 2 mesures. Même si c’est de façon totalement illégale que les manifestations de rues et sur les places publiques ont été interdites par la junte, de notre côté au RPG les femmes ont organisé une marche pacifique, mais elles ont été interpellées au nombre de neufs parmi lesquelles, une était enceinte. Elles ont été jugées et deux ont été condamnées à 2 mois de prison ferme. C’est avec un vent d’espoir que nous avons entendu monsieur le ministre dire au procureur, de poursuivre les auteurs de la dernière manif. Mais comme il s’agit des pro CNRD, on a tendance à voir que rien ne bouge », regrette cet homme politique.

Pour sa part, Lamine Tounkara, coordinateur régional de l’ONG « Même Droit pour Tous » à Kankan, s’est également exprimé sur cette affaire ces termes :

« En tant qu’acteur de la société civile, nous, nous sommes pour une justice pour tous. Le fait s’il est avéré qu’il y a des lenteurs dans cette affaire, je crois que c’est une chose qui n’est pas acceptable ; Il faut que les justiciables ou les citoyens soient traités au même pied d’égalité.»  A-t-il recommandé.

Pour sa part, le coordinateur régional de la maison des associations et ONG de Guinée « MAOG » Kankan, nous a fait comprendre que dans un mouvement de manifestation, l’élément le plus important à évaluer, est celui, infractionnel.

« Est-ce que dans cette manifestation, dans ce mouvement de soutien, il y avait un esprit de violence ? Un esprit allant dans le sens de troubler l’ordre public. Donc quand on regarde les deux types de manifestation, l’esprit de violence n’est nullement constaté chez les pros CNRD. Mais ceci dit, on peut faire un rapprochement entre leur manif et celle des femmes du RPG qui ont manifesté à Kankan ici. Ça aussi l’esprit de violence n’était nullement là. Il n’y avait aucun élément infractionnel. Vous savez, la politique est sans couleur. Ce qui reste clair à dire, on doit prendre au même pied d’égalité, tous les manifestants en tenant compte, les éléments infractionnels.», Souligne-t-il.

Karifa Kansan Doumbouya depuis Kankan pour le lerenifleur224.com