Guinée : Conakry accueille la 5ᵉ édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone
La capitale guinéenne accueille, du 20 au 21 octobre, la cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (WCAF). La cérémonie d’ouverture, présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a réuni des représentants gouvernementaux, des investisseurs, des institutions financières et des entreprises issus de 15 pays autour des perspectives de coopération économique et de mobilisation des investissements. Placée sous le thème « De la coopération à la transformation : construire l’avenir du marché développé en Afrique », cette rencontre est organisée avec l’implication du ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers.

Le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des délégations étrangères ont également pris part à la cérémonie. Le choix de Conakry comme ville hôte confère une dimension particulière à cette édition, qui ambitionne de renforcer les relations commerciales entre le Royaume-Uni et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
L’objectif est de mettre en lumière les opportunités d’investissement liées aux priorités nationales de développement et de favoriser la conclusion de partenariats susceptibles de déboucher sur des projets concrets. Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a souligné la nécessité pour la Guinée de dépasser sa dépendance aux matières premières et de renforcer ses capacités de production afin de mieux se positionner dans l’économie mondiale.

« Le prix de nos matières premières se forme sur les marchés mondiaux. La place que nous occuperons demain dans l’économie mondiale dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Pour le chef du gouvernement, l’avenir économique du pays repose notamment sur le développement d’entreprises compétitives, une meilleure maîtrise des technologies et la transformation locale des ressources naturelles. Il a ainsi invité les partenaires internationaux à accompagner cette dynamique en mobilisant leurs capitaux, leurs compétences et leur savoir-faire.
Cette ambition s’inscrit, selon lui, dans le cadre du programme Simandou 2040, porté sous l’impulsion du président de la République, Mamadi Doumbouya, et présenté comme une orientation majeure de la transformation économique nationale.
À cet effet, Amadou Oury Bah a insisté sur plusieurs conditions nécessaires à la concrétisation de cette vision, notamment la disponibilité d’une électricité fiable, le développement des infrastructures de transport et de logistique, ainsi que l’accès des entreprises à des financements adaptés. Il a également souligné l’importance de renforcer les chaînes de valeur agricoles, de développer les unités de transformation et d’améliorer la formation professionnelle, l’éducation et la santé afin de répondre aux besoins du marché du travail.

« L’expertise britannique dans les domaines de la finance, de l’ingénierie et de la technologie peut accompagner cette évolution », a-t-il affirmé, tout en appelant à faire progresser les projets vers leur maturité technique et financière.
Le chef du gouvernement a par ailleurs assuré que son équipe entendait améliorer la coordination administrative et la prévisibilité du cadre d’investissement, tout en veillant à la soutenabilité des engagements publics et au respect des obligations contractuelles des partenaires. Il a également insisté sur la nécessité de garantir une participation effective des entreprises guinéennes aux projets d’investissement. Pour lui, le contenu local doit se traduire par des contrats accessibles aux petites et moyennes entreprises (PME), des transferts de compétences et une meilleure qualification de la jeunesse.
Il a estimé que les partenariats internationaux devaient contribuer non seulement à mobiliser des financements, mais aussi à renforcer les capacités industrielles nationales et à favoriser la création d’emplois durables. Évoquant les relations entre l’État et le secteur privé, le Premier ministre a plaidé pour une approche pragmatique, dans laquelle les pouvoirs publics peuvent contribuer au financement et à la structuration des projets, tout en mobilisant les compétences du secteur privé. Il a également appelé à renforcer les relations économiques entre l’Europe et l’Afrique, dans un contexte international marqué par une recomposition des équilibres économiques. Sur le plan diplomatique, Amadou Oury Bah a rappelé la doctrine de neutralité stratégique défendue par les autorités guinéennes, qui consiste à coopérer avec l’ensemble des pays sans accorder d’exclusivité à un État particulier.
À cette occasion, il a invité les départements ministériels concernés à assurer le suivi des engagements et à lever les obstacles susceptibles de ralentir leur réalisation.
« Je demande aux départements concernés du gouvernement de la République de Guinée d’organiser le suivi des délais, dans le respect des règles, et de veiller à la levée des obstacles à la réalisation des projets. Aux investisseurs présents, je propose de construire une relation de long terme fondée sur la confiance et le respect scrupuleux des engagements. La réussite se mesure à la valeur ajoutée produite dans nos pays et à la qualité des emplois créés. C’est dans cet esprit, au nom du président de la République, que je déclare ouverts les travaux de la cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre », a-t-il conclu.
Dans son discours de circonstance, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a rappelé que les perspectives économiques de la Guinée ne se limitaient pas à ses ressources minières.

« Le potentiel de la Guinée n’est pas que minier. L’énergie, les infrastructures, la logistique, l’agriculture, l’agro-industrie, le numérique, la formation professionnelle et le développement urbain : dans chacun de ces secteurs, nous recherchons des partenaires capables d’apporter des capitaux et de la technologie », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, les opportunités d’investissement doivent être envisagées à l’échelle régionale, notamment à travers le développement d’infrastructures intégrées, la connexion des marchés et le renforcement des chaînes de valeur.
Il a estimé que la coopération internationale ne pouvait produire des résultats durables que si elle s’appuyait sur les capacités locales et contribuait à créer de nouvelles perspectives économiques pour les pays partenaires.
Ismaël Nabé a ainsi invité les participants à faire de ces deux journées de travaux un cadre de recherche de solutions concrètes, au-delà des échanges institutionnels.

« Durant ces deux journées, faisons de nos panels et de nos espaces d’échanges des lieux où émergeront des solutions concrètes. Que ce forum ne soit pas seulement un succès de participation, mais aussi un succès de transformation. Que notre deal room rapproche les projets, les financements, les entreprises et les partenaires capables de les accompagner. Que nos échanges débouchent sur des feuilles de route, des responsabilités clairement définies et des mécanismes de suivi. Nous devons être capables de répondre, au terme de cette rencontre, à une question très simple : qu’allons-nous faire ensemble, avec qui, dans quel délai et avec quels résultats attendus ? », a-t-il insisté.
Le ministre a notamment appelé à ce que les rencontres entre investisseurs, entreprises et partenaires financiers permettent de rapprocher les projets des financements disponibles, d’identifier les responsabilités de chaque acteur et de définir des mécanismes de suivi.

« À nos partenaires britanniques, aux institutions financières, aux entrepreneurs et aux délégations présentes, et surtout à nos amis ministres venus de différents pays d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre, nous renouvelons l’engagement de la Guinée à poursuivre un dialogue ouvert, exigeant et orienté vers les résultats. Nous voulons faire de la relation entre le Royaume-Uni, la Guinée et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre un espace de confiance, d’investissement, de création de valeur partagée, mais aussi d’amitié. Nous voulons faire de Conakry un lieu de transformation nationale et de nos partenariats internationaux des instruments concrets de cette transformation. Que cette cinquième édition du WCAF soit celle où de nouvelles ambitions deviennent des projets, où les projets deviennent des investissements et où les investissements se traduisent en emplois, en industries et en opportunités pour nos populations. Que Conakry soit, pendant ces deux journées, non seulement la capitale des échanges, mais aussi le point de départ de nouvelles réalisations. Puissions-nous regarder cette rencontre, dans quelques années, non comme un forum de plus, mais comme un moment où nous aurons collectivement accéléré la transformation de nos économies », a-t-il conclu.
De son côté, Ben Coleman MP, envoyé commercial du Royaume-Uni pour l’Afrique de l’Ouest francophone, a réaffirmé la volonté de son pays de renforcer ses relations économiques avec les États participants.
Il a salué la présence des délégations gouvernementales et des entreprises, estimant que le forum constituait une occasion importante de développer des relations commerciales fondées sur l’expertise, l’innovation, le financement de projets et les partenariats économiques.

« Nous sommes ici pour agir, développer des projets et travailler avec vous afin de surmonter les obstacles qui freinent les décisions d’investissement », a-t-il déclaré.
Le représentant britannique a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations d’intention pour parvenir à des réalisations concrètes. Selon lui, les relations entre les partenaires doivent se traduire par des projets capables de soutenir le développement économique et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Il a notamment évoqué les perspectives offertes par les infrastructures, les établissements scolaires, les équipements économiques et les investissements susceptibles de renforcer les capacités de production des pays africains.
Ben Coleman a également mis l’accent sur le développement d’une stratégie industrielle reposant sur la production, l’énergie et les technologies numériques. Il a appelé à une mobilisation conjointe de l’expertise britannique, des compétences africaines et des capacités des entreprises locales. Le transfert de compétences et la formation professionnelle figurent, selon lui, parmi les éléments indispensables à la réussite de ces partenariats. Les entreprises britanniques sont ainsi encouragées à présenter des propositions solides et à travailler étroitement avec leurs partenaires locaux.
Le responsable a par ailleurs souligné le rôle que peuvent jouer les institutions financières internationales, notamment British International Investment (BII), dans la mobilisation de ressources et l’accompagnement des entreprises, en particulier les petites structures. Il a plaidé pour un meilleur accès au financement, le renforcement des services financiers et la mise en œuvre de projets capables de créer des emplois et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux économies africaines.
« En définitive, notre objectif est de faire de nos ambitions une réalité, grâce à notre engagement, à notre détermination et à notre volonté de travailler ensemble », a-t-il affirmé.
Pour Steven Gray Ove, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à UK Export Finance, la réussite de cette cinquième édition dépendra de la capacité des participants à transformer les relations établies au cours des dernières années en résultats mesurables.
Il a rappelé que la collaboration entre les entreprises et les institutions publiques constitue un facteur déterminant pour créer les conditions nécessaires à la réalisation des projets et à la mobilisation des investissements. Le responsable a invité les participants à évaluer la réussite du forum à travers plusieurs critères, notamment la clarté des opportunités, la transparence dans l’identification des difficultés, la mise en relation des acteurs et la définition des responsabilités.
Selon lui, les échanges doivent permettre d’identifier les obstacles qui freinent les projets, d’aborder ouvertement les contraintes et de rechercher des solutions adaptées. Steven Gray Ove a également insisté sur la nécessité de renforcer la confiance entre les investisseurs, les institutions financières, les gouvernements et les entreprises.

« Nous devons renforcer la confiance non seulement dans les opportunités qui se présentent à nous, mais également dans les personnes, les institutions et les partenariats qui permettront de les concrétiser. Car l’investissement repose sur la confiance, tout comme la solidité des partenariats », a-t-il rappelé.
Il a enfin encouragé les participants à faire preuve de pragmatisme et d’ambition.

« J’encourage donc chacun d’entre vous à faire preuve de pragmatisme, à rester concentré sur les objectifs et à faire preuve d’ambition au cours des prochains jours. Si nous réussissons cet exercice, nous pourrons être fiers du travail accompli. Nous ne serons pas simplement considérés comme les participants à un forum réussi, mais comme les acteurs d’un moment décisif : celui où cinq années de relations construites et d’ambitions partagées auront ouvert la voie à une nouvelle ère de partenariats, d’investissements et de réalisations concrètes. C’est à cela que doit ressembler la réussite à la fin de nos travaux demain : repartir avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important et avec la volonté de poursuivre ensemble le travail engagé », a-t-il déclaré.
Durant ces deux jours de travaux, Conakry servira de cadre à des échanges entre les secteurs public et privé, les institutions financières, les investisseurs et les représentants des pays participants. Plusieurs panels, animés par des membres du gouvernement et d’autres acteurs concernés, permettront d’examiner les priorités de développement, les possibilités de financement et les mécanismes susceptibles de faciliter la réalisation des projets. Les discussions devraient notamment porter sur les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrialisation, le numérique, la formation professionnelle et le développement des entreprises locales.

Au-delà des rencontres institutionnelles, le forum entend favoriser la mise en relation directe des porteurs de projets avec les investisseurs et les partenaires financiers, afin de faire émerger des opportunités de coopération durables.
Par Amy Camara, pour Lerenifleur224.com