Procès des syndicalistes de la BCRG : le parquet requiert un million de francs d’amende pour chacun des prévenus

Le procès des trois responsables syndicaux de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) s’est poursuivi ce jeudi 27 août 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum. L’audience a été principalement consacrée aux réquisitions du ministère public ainsi qu’aux plaidoiries des différentes parties. Au cours des débats, la partie civile a réclamé 100 millions de francs guinéens au titre des dommages et intérêts. Le ministère public, représenté par le procureur Issouf Fofana, a pour sa part requis une amende d’un million de francs guinéens contre chacun des trois prévenus, assortie du paiement d’un franc symbolique à titre de dommages et intérêts.

Les prévenus sont Momo Camara, responsable des affaires sociales, Aboubacar Sidiki Camara, comptable et secrétaire général adjoint du syndicat, et Aboubacar Yansané, responsable de la santé, de la sécurité et de l’hygiène. Tous trois comparaissent libres dans cette procédure. Ils sont poursuivis pour outrage à agent, violences et voies de fait, des faits qui auraient été commis à l’encontre de l’adjudant-chef Daouda Sankhon, garde du corps et aide de camp du gouverneur de la BCRG, également constitué partie civile. Au cours de leurs différentes auditions, les trois syndicalistes ont contesté les accusations portées contre eux et plaidé non coupables.

À l’ouverture de la phase consacrée aux réquisitions et aux plaidoiries, le conseil de la partie civile a pris la parole en premier. Me Baba Nabé a soutenu que les trois syndicalistes auraient forcé le passage pour tenter d’accéder au bureau du gouverneur de la Banque centrale, malgré les consignes de l’agent chargé de sa sécurité. Selon l’avocat, les prévenus auraient refusé de se conformer aux instructions de l’adjudant-chef Daouda Sankhon, alors que celui-ci se trouvait dans l’exercice de ses fonctions et avait pour mission d’assurer la protection du gouverneur.

Estimant que son client a subi un préjudice moral, Me Baba Nabé a demandé au tribunal de condamner les trois prévenus à verser 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

Dans son réquisitoire, le procureur Issouf Fofana a considéré que les faits reprochés aux prévenus étaient constitués. Il a notamment insisté sur les circonstances dans lesquelles les syndicalistes se seraient présentés à la Banque centrale.Le magistrat a relevé qu’ils étaient vêtus de rouge, une couleur qu’il a présentée comme symbolisant « la guerre », et qu’ils auraient adopté une attitude bruyante en faisant des gestes et en poussant des cris. Selon le procureur, les prévenus auraient également insisté pour accéder au bureau du gouverneur malgré l’intervention de l’adjudant-chef Daouda Sankhon.

« Ils viennent crier et, au pire des cas, bousculer la porte. Momo Camara a bousculé la porte. Ils ont insisté mordicus devant le garde du corps, l’adjudant-chef Daouda Sankhon, qui était dans l’exercice de ses fonctions », a déclaré le représentant du ministère public.

Pour le parquet, ces éléments justifient la déclaration de culpabilité des trois syndicalistes. Le procureur a ainsi demandé au tribunal de les condamner chacun à une amende d’un million de francs guinéens, ainsi qu’au paiement d’un franc symbolique à titre de dommages et intérêts.Face aux réquisitions du parquet, les avocats de la défense ont maintenu la position de leurs clients et plaidé leur non-culpabilité. La défense a demandé au tribunal de rejeter les demandes formulées par la partie civile ainsi que les réquisitions du ministère public, estimant que les infractions reprochées aux syndicalistes ne sont pas constituées. Me Adams Salomon Camara, l’un des conseils de la défense, a ainsi sollicité le renvoi des trois prévenus des fins de la poursuite.

« Rejeter en bloc les sollicitations de la partie civile et du ministère public, en renvoyant les syndicalistes des fins de la poursuite », a plaidé l’avocat.

Les juges devront se prononcer sur la responsabilité pénale de Momo Camara, Aboubacar Sidiki Camara et Aboubacar Yansané, ainsi que sur les demandes de réparation formulées par la partie civile. La décision du tribunal permettra de déterminer l’issue de cette procédure qui oppose les responsables syndicaux de la BCRG à l’agent chargé de la sécurité du gouverneur.

 

Par Diaraba Aly, pour lerenifleur224.com