Magistrature féminine : l’AGFJ engage une nouvelle phase de restructuration et de mobilisation

L’Association Guinéenne des Femmes Juges (AGFJ) a organisé une réunion de concertation visant à insuffler un nouvel élan à ses activités et à renforcer son fonctionnement interne. Cette rencontre a réuni plusieurs femmes magistrates autour des défis liés à la promotion du leadership féminin dans la magistrature et à la valorisation de l’institution judiciaire guinéenne.

À l’ouverture des travaux, la présidente de l’AGFJ et secrétaire générale du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Mme Irène Marie Hadjimalis, a expliqué que cette initiative marque une étape importante dans le processus de relance de l’association.

« Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de redynamisation de nos activités. Le Président de la République ayant placé les femmes et les jeunes au cœur de son mandat, il nous a semblé essentiel de redonner vie à notre association et de renforcer son action », a-t-elle déclaré.

Les échanges ont porté sur plusieurs sujets majeurs, notamment la réorganisation de l’AGFJ, l’actualisation de ses orientations stratégiques et l’intégration des nouvelles magistrates au sein de la structure. Mme Hadjimalis a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage la nouvelle génération de femmes juges dans la vie associative.

Selon elle, ces jeunes magistrates représentent un véritable atout pour l’organisation grâce à leur engagement et à leur volonté de contribuer activement à son développement.

Dans cette perspective, une assemblée générale est annoncée dans les prochaines semaines. Celle-ci permettra de réviser les textes fondamentaux de l’association, d’adapter son mode de fonctionnement aux réalités actuelles et d’élire une nouvelle équipe dirigeante.

« Nous devons actualiser nos statuts et nous adapter aux nouvelles orientations. Plusieurs commissions ont déjà été mises en place, notamment une commission administrative, une commission chargée de la relecture des textes et une commission dédiée aux activités », a précisé la présidente de l’AGFJ.

De son côté, Mme Joséphine Loly Tinkiano, avocate générale près la Cour d’appel de Conakry, a souligné que cette démarche répond à la volonté des femmes magistrates de renforcer leur visibilité et leur impact au sein du système judiciaire national.

« Nous comptons près d’une soixantaine de femmes magistrates. Il nous est apparu nécessaire de mieux valoriser notre rôle, en commençant par la relance des activités de notre association », a-t-elle indiqué.

Elle a rappelé que trois commissions ont été constituées pour accompagner ce processus de réforme : une commission administrative, une commission de relecture des statuts et une commission chargée de la programmation des activités.

Les actions de l’AGFJ continueront à s’articuler autour de la promotion des droits des femmes et des enfants, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la valorisation du rôle des femmes dans la justice.

« Notre engagement porte principalement sur les femmes et les enfants. Nous voulons également contribuer au rayonnement de l’institution judiciaire et démontrer la capacité des femmes magistrates à exercer pleinement les responsabilités qui leur sont confiées », a-t-elle affirmé.

Créée il y a moins de cinq ans, l’Association Guinéenne des Femmes Juges a déjà conduit plusieurs initiatives en faveur du renforcement des compétences de ses membres. Grâce à l’appui de différents partenaires, des sessions de formation en leadership, en management et en développement professionnel ont notamment été organisées.

Certaines magistrates ont également bénéficié de formations spécialisées à l’École nationale de la magistrature de Bordeaux et pris part aux activités de l’Association internationale des femmes juges. Aujourd’hui, l’AGFJ ambitionne de consolider sa présence au sein de cette organisation mondiale en régularisant ses cotisations et en encourageant une participation plus active de ses membres aux réseaux professionnels internationaux.

À travers cette démarche de restructuration et de mobilisation, les femmes magistrates de Guinée affichent leur volonté de jouer un rôle accru dans la promotion d’une justice plus inclusive, de l’égalité des chances et du leadership féminin au sein des institutions républicaines.

Par Diaraba Aly, pour lerenifleur224.com