Commémoration du décès de Moussa Baldé dans un centre de rétention en Italie : l’ OGDM et sa famille se souviennent encore de lui
Parti à la recherche du bonheur, Moussa Baldé un jeune migrant âgée de 24 ans a été tragiquement arraché à sa famille le 23 mai 2021 en Italie dans un centre de rétention pour migrant. Cinq (5) ans après, ce samedi 23 mai 2026 à Conakry, l’Observatoire guinéen des droits des migrants ‘’OGDM’’ commémore sa disparition devant les parents amis étudiants et autres organisations de défense des droits humains.

Thierno Hamdou BALDE président de l’ ’’OGDM’’ rappelle l’urgence de protéger les droits des migrants guinéens
« Aujourd’hui, nous rendons hommage à mon frère, Moussa Baldé . Au nom de la famille Baldé et de l’Observatoire guinéen des droits des migrants, je remercie les autorités guinéennes pour leur soutien à notre famille. La mort de Moussa nous rappelle l’urgence de protéger les droits des migrants guinéens. C’est le sens du combat de l’ONG. Moussa est décédé dans des circonstances plus ou moins défavorables à l’être humain. Il faut le reconnaître. Il est devenu aujourd’hui un symbole d’élite pour toutes les personnes qui vivent dans des situations vraiment précaires en Europe. »
Pour sa part , Charlotte ROUAULT habitante à la frontière entre la France et l’Italie retrace les circonstances du décès de Moussa Baldé

« l’objectif de cette journée de commémoration, c’est de se rappeler de qui était Moussa Baldé et la manière dont il nous a inspirés pour lutter tous ensemble, pour créer une lutte internationale pour la justice et pour la vérité. En ce qui concerne les circonstances du décès de Moussa Baldé, il faut savoir qu’il a été violemment agressé par trois Italiens dans la rue devant un supermarché dans la ville qui s’appelle Vintimille , qui se trouve à la frontière entre l’Italie et la France. C’est là où j’habite. Et après cette agression brutale, il a été très rapidement amené à l’hôpital, mais au lieu d’être traité comme une victime, il a avant tout été traité comme un migrant illégal et pas comme un être humain, pas comme une victime, pas comme quelqu’un qui avait besoin d’aide et de soins. Et la police lui a remis un arrêté d’expulsion et l’a enfermé au centre de rétention de Turin, qui est un endroit qui existe dans beaucoup de pays européens, qui sont des sortes de prisons pour étrangers, donc pour des personnes qui n’ont commis aucun délit à part le fait de ne pas avoir les bons papiers. Et c’est des endroits où on peut rester enfermé pendant très longtemps, où les conditions de vie sont déplorables. Ça a été prouvé par plusieurs enquêtes, par de nombreux témoignages, c’est dénoncé par beaucoup d’associations, mais très peu de choses changent en Europe et notamment en Italie. Et donc Moussa a été enfermé dans cet endroit et il a été très vite mis à l’isolement. Et on l’a retrouvé mort le matin du 23 mai 2021. »
De son côté, Saliou Bailo Baldé petite sœur de Moussa Baldé se souvient encore de lui et garde des les bons souvenirs de son frère
« Notre frère Moussa Baldé est parti très tôt pour chercher une meilleure vie pour toute sa famille. Je prie le repos de son âme, que son âme repose en paix. C’est par les informations de ses avocats qui se sont levées, les mouvements, les associations internationales, c’est eux qui nous ont fait savoir que Moussa n’a pas eu un accident, que Moussa a été assassiné. Normalement, un homme dans ses facultés a été pris par trois hommes, battu, au lieu d’ être dirigé à l’hôpital, on l’amène dans un centre de détention pour l’enfermer sans soin. Aujourd’hui on se souvient des bonnes traces qu’il a laissé. C’est ce qui a fait que jusqu’à présent, ça fait cinq ans de cela, son nom est en train de circuler à l’international et maintenant ça commence à circuler aussi en Guinée. » a-t-elle conclu

Par Ousmane Baldé, pour lerenifleur224.com