Apollinaire Onikoyamou : ‘’On ne vient pas à l’Assemblée nationale pour chercher un emploi, mais pour créer les conditions de l’emploi et contribuer au bien-être des populations.’’
La future Assemblée nationale est une institution stratégique de la République. Elle ne peut être un simple cadre de représentation symbolique. Elle doit être le cœur du débat démocratique, du contrôle de l’action publique et de la production législative au service du peuple. À ce titre, elle doit être composée de femmes et d’hommes compétents, informés, engagés et profondément attachés aux intérêts de la Nation.
Le député ne vient pas au Parlement pour chercher un emploi. Il vient pour servir la République, défendre les aspirations des citoyens et contribuer, à travers les lois et les politiques publiques, à créer des emplois et des opportunités pour la population.
Dans le contexte actuel de refondation nationale, les défis sont immenses et les chantiers nombreux. Cette dynamique exige des députés une grande capacité d’adaptation, une compréhension des enjeux contemporains et une aptitude à agir rapidement. Les profils attendus doivent donc être en phase avec les grandes priorités nationales : la jeunesse, la promotion de la femme, la santé, l’éducation, les infrastructures, l’emploi, l’innovation, la gouvernance locale et la protection de l’environnement.

Affirmer que « le Parlement n’a pas besoin de stagiaires » ne signifie nullement exclure la jeunesse de l’hémicycle. Bien au contraire. La jeunesse guinéenne doit être au cœur des institutions républicaines. Mais elle doit y accéder sur la base du mérite, de l’engagement, de l’expérience sociale et de sa capacité à apporter des solutions concrètes aux préoccupations des citoyens.
Les jeunes qui aspirent aujourd’hui à représenter le peuple ne sont pas des figurants politiques. Ce sont, pour beaucoup, des entrepreneurs, des acteurs associatifs, des cadres de l’administration, des leaders communautaires ou encore des citoyens engagés dans le développement local. Leur présence au Parlement est une nécessité pour insuffler une nouvelle énergie à l’action publique.
D’ailleurs, Dr Dansa Kourouma fait lui-même partie des plus jeunes présidents de Parlement en Afrique. Depuis son arrivée à la tête du Conseil National de la Transition, il a accordé une place importante aux jeunes compétences, notamment à travers une équipe largement composée de jeunes talents âgés de 20 à 35 ans. Pourquoi donc entretenir l’amalgame entre jeunesse et inexpérience ?
La jeunesse doit constituer la colonne vertébrale de toutes les institutions nationales. Elle doit agir pour apporter son énergie, son innovation, sa créativité et sa capacité de transformation au service des résultats.
Les candidats proposés sur les listes à travers le pays sont, pour beaucoup, des jeunes expérimentés et engagés qui ont déjà fait leurs preuves dans la société, le secteur privé, la société civile, les collectivités locales ou encore dans l’économie informelle. Ils ne viennent pas au Parlement comme des stagiaires de la République, mais comme des acteurs capables d’accompagner efficacement la refondation nationale.
Monsieur le Ministre, le député n’est pas un apprenti dans la vie de la Nation. C’est un représentant du peuple qui doit avoir une expérience utile, une légitimité sociale et une compréhension des réalités du pays. Au-delà de l’âge ou du diplôme, ce sont l’engagement, le sens des responsabilités et l’apport concret à la société qui doivent primer.
Qu’il soit jeune ou plus âgé, un député représente avant tout un territoire, une population et une vision pour l’avenir.
À ce titre, tout candidat à la députation, qu’il soit issu d’un parti politique ou indépendant, devrait répondre à un certain nombre de critères essentiels :
*avoir l’âge légal requis ;
* disposer d’une légitimité locale ou territoriale ;
* avoir une capacité de mobilisation et d’écoute ;
* être capable de porter un projet politique cohérent ;
* démontrer un minimum de leadership et de compréhension des enjeux nationaux ;
* respecter les principes de probité, de loyauté et d’inclusion ;
* promouvoir la représentation des femmes et des jeunes.
Ces critères ont une finalité claire : éviter d’envoyer à l’hémicycle des personnes incapables de défendre efficacement les intérêts des populations ou de contribuer sérieusement à l’évaluation des politiques publiques.
Le Parlement doit être composé de citoyens responsables, crédibles et bien préparés, capables de contrôler l’action gouvernementale, de proposer des réformes utiles et d’accompagner le développement du pays.
Enfin, Monsieur le Ministre, les missions du député sont trop importantes pour être banalisées. La Guinée a besoin de jeunes, de femmes et d’hommes de qualité pour accomplir cette noble mission républicaine. Ce débat n’est pas une question d’âge, mais une question de compétence, d’expérience, d’engagement et de capacité à servir la Nation.
Les jeunes qui ont contribué à l’indépendance de la Guinée et de l’Afrique étaient certes jeunes par l’âge, mais leur engagement militant, leur conscience patriotique et leur sens du sacrifice demeurent encore aujourd’hui une grande leçon d’histoire et de citoyenneté.
Oui, il existe en Guinée des jeunes extrêmement compétents, patriotes et engagés. Ce sont ces profils qui doivent inspirer le choix des représentants du peuple.
On ne vient pas à l’Assemblée nationale pour chercher un emploi. On y vient pour rendre service à la Nation, défendre les citoyens et contribuer, par les lois et les orientations politiques, à créer les conditions du progrès et de l’emploi.
Revenons sur terre !
Cher ancien Ministre de la Jeunesse, ne banalisez pas les jeunes choisis sur les différentes listes, car leur sélection repose sur la compétence, l’engagement et un leadership avéré. Ils ne sont ni des stagiaires ni des demandeurs d’emploi, mais des créateurs de valeur et des acteurs du changement.
Illustration éloquente : Hadja Idrissa Bah, l’une des plus jeunes candidates à ces élections, dispose déjà d’une renommée nationale et internationale ainsi que d’un parcours citoyen remarquable qui dépasse largement les frontières de la Guinée.
C’est de cela qu’il s’agit, Monsieur le Ministre. À bon entendeur, salut.
Appolinaire ONIKOYAMOU
Président du Collège des étudiants des universités privées de Guinée (CEUP-G)