Occupation des emprises publiques à Kindia : le préfet privilégie la sensibilisation avant les déguerpissements

Le préfet de Kindia, le colonel Abdourahamane Keïta, a rencontré ce mercredi 4 février 2026 les conseillers communaux, les conseillers de quartiers, les administrateurs de marchés de la commune urbaine ainsi que les présidents de districts. Objectif : instruire ces responsables locaux à sensibiliser la population afin de libérer et nettoyer les emprises publiques avant le lancement des opérations de déguerpissement.

 

 

La rencontre s’est tenue dans la grande salle de réunion de la préfecture de Kindia. À cette occasion, le préfet est longuement revenu sur les enjeux de cette initiative.

« Le but de cette rencontre était de sensibiliser la population et de l’amener à comprendre ce qui est nécessaire pour sa propre sécurité. Aujourd’hui à Kindia, certains de nos parents sont installés dans les rues et sur les emprises publiques. Personne ne peut circuler librement. Même en cas de vol, il est difficile d’intervenir, car les voleurs se réfugient dans ces zones encombrées. C’est pourquoi, avant de commencer le déguerpissement, nous avons jugé nécessaire de passer par la sensibilisation. Il faut respecter l’être humain, leur expliquer ce que nous voulons faire, les conséquences positives si cela est fait, et les conséquences négatives si cela ne l’est pas », a-t-il expliqué.

Le colonel Abdourahamane Keïta précise que cette démarche inclusive vise à informer tous les acteurs au même niveau.

« Nous avons invité le maire, les conseillers communaux, les chefs de quartiers et les administrateurs de marchés afin que tout le monde soit informé qu’incessamment, une mission viendra avec le matériel nécessaire pour libérer les emprises publiques à Kindia. »

Abordant la responsabilité citoyenne, le préfet a également insisté sur l’accompagnement des autorités nationales dans la dynamique de gouvernance.

« Si un président de la République est légalement élu pour sept ans, c’est à nous de l’accompagner. Ce n’est pas à lui de venir nettoyer devant nos maisons ou dans nos quartiers. La propreté est une responsabilité collective. Le président a dédié son mandat à la jeunesse, aux femmes et à toute la population, mais cela ne peut se faire sans l’assainissement de notre cadre de vie. »

S’agissant du calendrier, le préfet a donné un délai clair.

« Nous donnons cinq jours aux chefs de quartiers, aux maires et à leurs équipes pour intensifier la sensibilisation. La semaine prochaine, nous passerons à l’acte. Et en le faisant, nous ne voulons faire pleurer personne. Nous voulons que Kindia soit désenclavée, libre et propre, car Kindia est une ville historique où toutes les ethnies de la Guinée cohabitent. »

Ville de paix, Kindia doit, selon le préfet, retrouver son image.

« Ici, je ne connais pas de race. Nous devons nous donner la main pour que Kindia soit comparable à Conakry. Dès qu’on entre à Kindia, il faut sentir qu’on arrive dans une capitale. »

Un appel solennel à l’unité et à la responsabilité collective afin de faire de Kindia une ville propre, accessible et sécurisée.

 

Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com.