Après la nomination partielle des membres du gouvernement par décret lu à la télévision nationale (RTG), les réactions se multiplient à travers le pays. À Kindia, notre correspondant régional est allé à la rencontre de certains acteurs de la société civile, de citoyens et d’élèves afin de recueillir leurs impressions sur ces nouvelles nominations ministérielles.
Si certains se réjouissent de ces choix, d’autres restent prudents mais se disent optimistes quant à la suite du processus.
Rencontré à cette occasion, Salifou Sylla, acteur de la société civile, estime que les choses sérieuses commencent, tout en soulignant que le processus n’est pas encore achevé.
« Nous sommes toujours en attente, parce que c’est un processus qui n’est pas fini. Je peux dire que cela commence à répondre à nos attentes. Si l’équité et le genre sont respectés dans la composition du gouvernement, c’est déjà un premier pas. J’ai entendu le nom de certains ministres, ce qui m’a réconforté. On peut ne pas aimer une personne, mais il faut apprécier ce qu’elle fait. Ce gouvernement doit travailler pour rattraper le retard accumulé depuis 67 ans d’indépendance. Il faut multiplier les efforts, arrêter les discours inutiles et aller dans le concret. Le concret, c’est comment développer ce pays. »
Pour sa part, Kalidou Barry, citoyen, se dit optimiste, tout en appelant à des nominations libres et non téléguidées.
« Je suis optimiste par rapport à cette nomination. Je pense qu’elle peut donner une nouvelle vision et une nouvelle orientation. Mais je ne voudrais pas que ce soient des nominations téléguidées. Il faut laisser à chaque personne nommée la liberté d’apporter sa propre vision. Il est également important de donner du temps aux nouveaux ministres afin qu’ils puissent agir. »
Du côté du ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, la présidente des Amazones de Kindia, Kadiatou Camara, s’est réjouie de la création de ce département, qu’elle considère comme un véritable atout pour l’émancipation des femmes.
« C’est un réel plaisir de voir ce département mis en place. Aujourd’hui, nous parlons de promotion féminine, mais avoir un ministère dédié à la défense des intérêts de la femme est un véritable atout. J’ai été très heureuse d’entendre la nomination de Madame Patricia Lama. Je suis convaincue qu’elle sera à la hauteur de nos attentes, nous qui travaillons pour la promotion de la jeune fille, des droits de la femme et de la solidarité. C’est un soulagement pour nous. J’ose croire qu’elle sera à l’écoute des femmes engagées sur le terrain. »
Du côté du secteur éducatif, Maki Diallo, élève en terminale sciences expérimentales, se dit très satisfait de la nomination du Dr Alpha Boubacar Barry au poste de ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, qu’il perçoit comme un nouveau départ.
« C’est un sentiment de plaisir de voir que, malgré tout ce que le pays a traversé, le nouveau régime de la 5ᵉ République redonne de l’espoir à la population, surtout à nous, les élèves. Cette nomination représente pour nous un nouveau départ, susceptible d’apporter de nombreux changements dans les écoles. »

Poursuivant son intervention, le lycéen a également évoqué les difficultés auxquelles les élèves en sciences expérimentales sont confrontés, notamment le manque d’équipements pour la pratique.
« Dans les écoles, nous faisons face au même système depuis longtemps. En sciences expérimentales, nous manquons cruellement de matériel pour mettre en pratique ce que nous apprenons en théorie. J’espère que le nouveau ministre prendra en compte ces défaillances et apportera des solutions concrètes. »
Par Mohamed Camara, pour Lerenifleur224.com