Festival Nimba / Dr Dansa Kourouma salue la vision de Takana Zion : ‘’ Takana sait bien où son père vient, il sait où son grand-père vient…’’

Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, la capitale guinéenne a vibré ce vendredi 5 septembre 2025 au rythme du lancement officiel de la toute première édition du Festival Nimba. Organisée à l’hôtel Radisson Blu de Kipé, dans la commune de Ratoma, cette cérémonie d’ouverture a rassemblé une pléiade de personnalités issues du monde politique, culturel et artistique.

À l’origine de ce festival inédit : l’artiste engagé Mohamed Mouctar Soumah, alias Takana Zion, à travers sa maison de production Kanamacina Records. L’événement se veut un carrefour des cultures, unissant les rythmes africains à l’héritage jamaïcain du reggae, porteur de messages de paix, de justice et d’unité.

Parmi les invités de marque figurait Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National de la Transition (CNT), dont l’intervention passionnée a marqué les esprits.

« Il est extrêmement important de dire que la culture c’est le moyen d’expression le plus important de l’art. Un peuple qui n’a pas de culture, c’est un peuple qui n’a pas de départ et de destination. Et quand on ne connaît pas son départ et sa destination, on se perd dans les nuages. Et je continue tout simplement à saluer à sa juste valeur notre frère, le commandant de la chef de Black Mafia, Takana Zion. Vous savez, c’est bien beau de récréer ce moment. D’origines différentes, des continents différents, mais d’aspiration commune. Mais un petit mot sur Takana. Takana sait bien où son père vient, il sait où son grand-père vient, il sait où son arrière-grand-père vient, il sait où l’arrière-grand-père de ce dernier. Eh bien, c’est pourquoi, quelles que soient mes occupations, mes responsabilités administratives et politiques, nous sommes tous le fruit de cette identité culturelle. »

Saluant l’engagement de Takana Zion pour la valorisation des racines africaines et la justice sociale, il a rappelé que ce festival ne pouvait tomber à une date plus symbolique.

« Le 5 septembre, c’est un jour mémorable pour notre pays. C’est l’anniversaire de la prise de responsabilité par notre armée républicaine en 2021. Ce jour-là, de jeunes soldats sont tombés pour que vive la dignité du peuple guinéen. »

Le président du CNT a alors invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des victimes, soulignant que cette renaissance politique s’accompagne nécessairement d’une renaissance culturelle.

« Mon cher Takana, je te remercie pour ton engagement pour la Guinée, pour l’Afrique, et pour la justice. Le reggae, c’est l’une des plus grandes expressions de la dignité et de la justice sociale », a-t-il poursuivi, sous les applaudissements.

Autour de lui, plusieurs autres figures notables étaient présentes : le ministre de la Culture Moussa Moise Sylla, l’ancien ministre des Sports Aboubacar Titi Camara, Tiguidanké Bereté (Miss Guinée 2024), Malick Kébé, directeur du FODAC, ainsi que de nombreux acteurs du secteur culturel.

Le Festival Nimba se poursuit ce samedi 6 septembre sur l’esplanade du Palais du Peuple. Des têtes d’affiche de renommée internationale sont attendues, notamment le Guadeloupéen Tiwony, les Jamaïcains Jah Thunder et Little Robe, le rappeur sénégalais Didier Awadi, ainsi que Fish Killer du groupe Instinct Killers. L’un des temps forts sera sans aucun doute la prestation de Kimany Marley, fils du légendaire Bob Marley.

Un rendez-vous culturel d’envergure, qui place la Guinée au cœur de la scène musicale panafricaine, avec l’ambition de faire du Festival Nimba un événement annuel incontournable.

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com