« Grâce à votre solidarité, ma vie a été sauvée » : Abdoul Sacko appelle à une mobilisation pour la Guinée de justice et de dignité
Dans une déclaration poignante publiée suite à l’attaque armée dont il a été victime le 19 février 2025, Abdoul Sacko, Coordinateur National du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) et membre du Mouvement Mondial pour la Démocratie, a exprimé une profonde gratitude à l’égard des personnes et institutions qui se sont mobilisées pour lui. L’homme de conviction, connu pour son engagement sans relâche en faveur des droits humains et de la démocratie, est sorti du silence pour témoigner de sa reconnaissance… mais aussi pour dresser un diagnostic sans concession de la gouvernance actuelle en Guinée.
Dans son adresse dont copie est parvenue à notre rédaction ce samedi 23 aout 2025, Abdoul Sacko remercie tour à tour les avocats, les journalistes, les médecins, les ONG, les diplomates et les anonymes qui, dans un élan de solidarité, ont dénoncé son enlèvement brutal par des hommes armés en treillis, à bord de véhicules non immatriculés. Il affirme que cette mobilisation a été déterminante dans sa survie :
« Grâce à votre solidarité, ma vie a été sauvée, ma santé se rétablit progressivement, et mon intégrité physique et morale se reconstitue avec espoir », confie-t-il, la main sur le cœur.
Malgré les séquelles physiques et psychologiques profondes subies, Abdoul Sacko affirme qu’il ne renoncera pas à son combat
« Cette solidarité me permet de reprendre progressivement et maintenant, avec plus de vigueur et de résilience, mon engagement citoyen ».Un engagement, rappelle-t-il, qu’il porte depuis l’enfance au service de la démocratie, de la vérité et de la justice.
Il en profite pour exprimer sa solidarité envers toutes les victimes d’exactions, de disparitions forcées, d’injustices et d’indifférences institutionnelles dans le pays. Des drames comme celui de Manéah, l’incendie du dépôt de Kaloum, ou les bousculades meurtrières au stade de N’zérékoré, sont cités comme exemples flagrants d’une gouvernance sans transparence ni compassion
« Jamais le peuple n’a eu droit à un rapport d’enquête », dénonce-t-il.
Dans un ton ferme, Abdoul Sacko décrit une nation fracturée entre deux catégories de citoyens : ceux qui sont au pouvoir, parfois otages d’un système manipulateur, et ceux qui en sont exclus, considérés comme des menaces en raison de leurs compétences ou de leur intégrité morale.
Pour lui, la gouvernance actuelle repose sur « une propagande excessive, nourrie par l’ignorance de certains et la cupidité d’autres ». Face à ce constat, il appelle à un réveil citoyen et à la restauration des piliers fondamentaux de la République : justice indépendante, sécurité au service du peuple, gestion éthique des ressources publiques, et promotion des valeurs intellectuelles et culturelles.
Plus qu’un témoignage personnel, la déclaration d’Abdoul Sacko est un manifeste politique et moral. Il exhorte les autorités morales, religieuses, les artistes, les intellectuels et les partenaires internationaux à se lever contre les dérives actuelles.
« Il est tout à fait possible de reconstruire la Guinée rêvée du 28 septembre et du 02 octobre 1958 », insiste-t-il, en référence aux dates historiques de l’indépendance et du référendum.
Le message d’Abdoul Sacko est un cri du cœur, mais aussi un appel à l’action. Derrière le visage meurtri du militant se dessine l’image d’une Guinée meurtrie, mais pas résignée. À travers ses mots, il invite chaque citoyen, chaque partenaire, à rejeter la fatalité et à s’engager dans la construction d’un avenir fondé sur le respect, la justice et la solidarité. Une Guinée où l’on ne paie plus le prix de la terreur pour avoir cru en une patrie plus juste.
Le Renifleur