Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 2 mai au Palais de la Colombe, après sa visite de travail, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a abordé les questions des journalistes. Parmi elles, la préoccupation majeure concernait les déclarations menaçantes de certains leaders d’opinion à l’égard de la forte présence guinéenne au Sénégal. Sur ce point, le chef du gouvernement sénégalais a tenu à rassurer les Guinéens, les appelant à ne pas prendre ces propos au sérieux tant que son gouvernement sera au pouvoir.
« Le Sénégal est un pays démocratique où la liberté d’expression et la liberté d’association sont garanties. Cependant, ces libertés ont des limites. Je peux rassurer tous les Guinéens qu’ils connaissent déjà mes positions sur cette question, que j’ai exprimées en toutes occasions, que ce soit à l’Assemblée nationale ou pendant la campagne électorale. Je peux assurer aux Guinéens qui vivent au Sénégal qu’ils sont chez eux et qu’ils continueront de l’être. Et je sais que les Sénégalais qui vivent ici, que j’ai rencontrés hier, sont traités de la même manière », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs expliqué ce comportement de certains jeunes Africains par l’incapacité des autorités précédentes, due à leur mauvaise gouvernance, à offrir des emplois dignes à la jeunesse.
« Les problèmes que nous rencontrons dans nos pays ne sont pas dus à la présence de « drogués ». Ils sont dus à l’incapacité de nos leaders, par le passé, à gérer nos pays au mieux de leurs intérêts. C’est dû à une pollution d’esprit. C’est dû à la manière dont nos ressources naturelles ont été, pour la plupart, bradées. C’est dû à notre incapacité à avoir une vision articulée et cohérente, permettant de travailler, d’industrialiser nos pays, de créer des emplois et d’offrir des opportunités aux jeunes. Ce sont là nos vrais problèmes. À chaque fois que des pays ont des problèmes, y compris dans les pays occidentaux, on cherche un bouc émissaire. On commence à chercher et à désigner. Ces énergies ne peuvent pas être importées, elles sont inacceptables. »
Le Premier ministre a également adressé un message fort à la jeunesse
« Je lance un appel à cette jeunesse, au-delà du Sénégal. Cette animosité, le terme n’est pas trop fort. Quand on voit des compétitions sportives, ce que la jeunesse doit rencontrer au Sénégal, c’est comme si on allait en guerre. Alors qu’il s’agit simplement de taper sur une balle. Cela vole très bas, les gens s’insultent, les gens se disent des mots. Il faut que nous revenions à ce qui nous a été légué par nos ancêtres. Nous sommes des frères, des peuples frères, des nations sœurs, et nous formons un seul groupe. »
Le Premier ministre Sonko a enfin assuré que des dispositions étaient prises dans son pays pour que ce genre de propos disparaisse.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com