Ce mercredi 14 mai 2025, le verdict est tombé pour le Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation, jugé devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Après plusieurs mois de procédure et près de trois années passées en détention provisoire, la cour a rendu une décision mi-figue, mi-raisin, marquant une étape importante dans ce dossier aux multiples ramifications.
Aux côtés de Mohamed V Sankhon, ex directeur administratif et financier (DAF) du même ministère, le Dr Kourouma était poursuivi pour détournement de deniers publics et enrichissement illicite, des accusations portant sur des montants astronomiques : plus de 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars liés à l’organisation des examens nationaux. Ces chiffres vertigineux avaient attiré l’attention de l’opinion publique et cristallisé les critiques sur la gestion des fonds publics dans le secteur éducatif.
Mais la CRIEF, par la voix du juge Yacouba Conté, a partiellement blanchi les accusés : les faits de détournement de fonds publics n’ont pas été retenus. En revanche, Dr Ibrahima Kourouma a été reconnu coupable d’enrichissement illicite, un délit lourd de conséquences. Il écope ainsi de quatre ans de prison ferme, assortis d’une amende de trois milliards de francs guinéens. En outre, la cour a ordonné la confiscation de l’ensemble de ses biens, immobiliers comme bancaires, au profit de l’État.
Sur le plan civil, le verdict est tout aussi sévère : il devra verser cinq milliards de francs guinéens à l’État à titre de dommages et intérêts. Ce volet civil souligne la volonté des autorités judiciaires de récupérer une partie des fonds supposément détournés.
De son côté, Mohamed V Sankhon a été acquitté, la cour estimant que les charges retenues contre lui n’étaient pas suffisamment étayées.
L’affaire est loin d’être close. Les avocats de l’ancien ministre ont aussitôt annoncé leur intention de faire appel de cette décision, ouvrant la voie à un nouveau chapitre judiciaire. L’opinion nationale reste suspendue à l’issue de cette procédure qui soulève, une fois de plus, la question de la gouvernance et de la transparence dans la gestion des deniers publics en Guinée.
Alors que l’ancien ministre entame une nouvelle phase de son combat judiciaire, son cas illustre la complexité des affaires de corruption à grande échelle, où la justice peine souvent à trancher de manière définitive.
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