Même la nuit tombée, le Président du Conseil National de la Transition (CNT) n’a pas failli à sa promesse : celle de vulgariser auprès de l’ensemble de la population guinéenne le contenu de l’avant-projet de la nouvelle constitution et de recueillir leurs contributions pour les y intégrer. Accompagné de son cabinet et des agents vulgarisateurs du CNT à Dalaba, Dr Dansa Kourouma a été accueilli dans la nuit du dimanche 17 novembre 2024 par une foule immense au stade de Kankalabé. À leur tête, le gouverneur de la région administrative de Mamou et le préfet de Dalaba.

Esquissant des pas de danse folkloriques au rythme d’une mélodie riche et variée jouée avec des instruments traditionnels tels que les flûtes, tams-tams, guitares, sistres (morceaux de calebasses percées et enfilées sur un manche en bois), le tout accompagné de chansons à contenu instructif, les habitants de Kankalabé et des villages environnants ont exprimé leur joie de recevoir l’avant-projet dans leur localité.

Composée de huit districts et 35 secteurs, la commune rurale de Kankalabé est située à 85 km du chef-lieu de la préfecture de Dalaba. Elle couvre une superficie de 250 km² et compte une population de 18 183 habitants, avec une surface de 2 530 ha de terres cultivables. S’exprimant au nom de la population, le président de la délégation spéciale, Mamadou Habib Baldé, après avoir souhaité la bienvenue au Président du CNT et à sa suite, a salué les idéaux de refondation portés par le CNRD, parmi lesquels cet avant-projet de nouvelle constitution dont le contenu fait l’objet de vulgarisation sur l’ensemble du territoire national.

« Kankalabé réaffirme son soutien indéfectible au Conseil National de la Transition et au CNRD. Nous croyons fermement en votre capacité à jeter les bases d’une Guinée prospère et unie. Soyez assuré que Kankalabé continuera à œuvrer pour le maintien de la paix et de la cohésion sociale, piliers fondamentaux d’un développement durable. Enfin, Monsieur le Président, nous vous remercions encore pour cette visite qui honore Kankalabé. Nous espérons que vos échanges ici vous permettront de mieux comprendre nos réalités et de renforcer davantage le partenariat entre nos communautés », a-t-il déclaré avant de poursuivre
« Cependant, malgré ces progrès, des défis demeurent et nécessitent une attention particulière : 1. Ériger Kankalabé en préfecture : Ce changement administratif répondrait aux aspirations de nos populations et permettrait une gestion plus efficace des besoins locaux, compte tenu de l’éloignement de Kankalabé du chef-lieu de la préfecture de Dalaba (85 km). 2. La réhabilitation de la route nationale N°26 Dalaba-Tougué : Sa réhabilitation est essentielle pour désenclaver notre commune rurale, qui dispose aujourd’hui de plus de 2 530 ha de terres cultivables. Cette route est parmi les plus fréquentées et facilite les échanges économiques. 3. L’aménagement des terres cultivables : En tant que communauté agricole, nous avons besoin d’un soutien pour optimiser nos potentialités agricoles et garantir la sécurité alimentaire. »

Prenant la parole, Dr Dansa Kourouma a d’abord remercié les citoyens de Kankalabé pour cette forte mobilisation nocturne. Puis, point par point, il a expliqué le contenu de l’avant-projet, depuis son préambule jusqu’aux innovations.

« La constitution garantit à tous les Guinéens la couverture santé universelle. Que vous soyez à Kankalabé, à Dalaba centre, à Mamou ou à Conakry, la nouvelle constitution créera les conditions pour que, si vous tombez malade, l’État soit obligé de vous soigner gratuitement, que vous ayez ou non les moyens financiers. La constitution garantit aussi aux personnes âgées le bien-être et la protection sociale. Quand vous travaillez pendant quarante ou cinquante ans, que vous êtes fatigué et à la retraite, l’État crée toutes les conditions pour ne pas que vous tombiez dans la pauvreté. C’est ce qu’on appelle la protection sociale pour les personnes âgées de notre pays, pour les services qu’elles ont rendus à la nation », a-t-il expliqué.

Parmi les autres innovations, il aborda également celles concernant l’éducation gratuite et obligatoire, le Sénat, la candidature indépendante, le service militaire obligatoire et la création de la commission nationale de développement.
Maciré Camara, DCI-CNT