Évacuation de Damaro et Kassory : pour Ansoumane Fofana, « la force de l’État réside aussi dans l’humanité »

L’adresse à la Nation du président de la République, Mamadi Doumbouya, relative à l’évacuation sanitaire à l’étranger de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, et de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, continue de susciter des réactions dans la classe politique guinéenne.

Dans une déclaration rendue publique ce dimanche, l’honorable Ansoumane Fofana, député national et président du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance (RGA), estime que cette décision mérite « une attention particulière de la part de tous les Guinéens ».

Pour le parlementaire, cette mesure traduit la volonté du chef de l’État de concilier l’application de la justice avec la prise en compte de considérations humanitaires. Il souligne notamment que l’autorisation accordée aux deux anciens responsables pour recevoir des soins médicaux à l’étranger ne remettrait pas en cause les décisions judiciaires prononcées à leur encontre.

« À travers cette décision, le Chef de l’État a rappelé un principe fondamental : la justice doit suivre son cours en toute indépendance, mais l’humanité ne doit jamais être absente de l’action publique », déclare Ansoumane Fofana.

Le président du RGA insiste également sur le fait que les décisions de justice concernant Amadou Damaro Camara et Ibrahima Kassory Fofana demeurent, selon lui, en vigueur. Il précise que l’évacuation sanitaire ne saurait être assimilée à une amnistie, une grâce ou encore à une quelconque négociation, mais qu’elle répond avant tout à une considération humanitaire liée à leur état de santé.

Dans sa déclaration, le député national estime qu’un État doit être capable de faire respecter la loi tout en préservant la dignité humaine.

« Une Nation se grandit lorsqu’elle est capable d’allier la fermeté dans l’application de la loi à la compassion envers les personnes. La force d’un État ne réside pas seulement dans sa capacité à sanctionner, mais aussi dans sa capacité à préserver la dignité humaine, quelles que soient les circonstances », affirme-t-il.

Ansoumane Fofana dit ainsi saluer la décision du président de la République, qu’il inscrit dans une démarche de « responsabilité, d’apaisement et de réconciliation nationale ».

Selon lui, la construction d’une Guinée apaisée passe par une justice exercée « avec rigueur, sans haine ni esprit de vengeance », tout en faisant primer l’intérêt supérieur de la Nation sur les divisions politiques. Au-delà de la question des évacuations sanitaires, le président du RGA appelle les Guinéens à se concentrer sur les défis auxquels le pays reste confronté.

Il cite notamment l’éducation, l’accès aux soins de santé, l’emploi des jeunes, les infrastructures, l’eau, l’électricité et le développement économique.

« Notre pays traverse une étape importante de son histoire. Plus que jamais, nous devons privilégier l’unité, le dialogue, la cohésion sociale et le travail »,

insiste le député.

Pour Ansoumane Fofana, la réconciliation nationale ne doit cependant pas être synonyme d’oubli des responsabilités. Elle doit plutôt permettre aux Guinéens de se projeter vers l’avenir dans le respect des lois et des valeurs humaines.

« La réconciliation nationale ne signifie pas l’oubli des responsabilités, mais la capacité de regarder ensemble vers l’avenir dans le respect des lois de la République et des valeurs humaines qui fondent notre vivre-ensemble », soutient-il.

Le président du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance réaffirme son engagement à œuvrer, aux côtés des différentes forces vives du pays, en faveur d’une Guinée « unie, paisible et prospère ».

Il termine sa déclaration par une prière : « Que Dieu bénisse la République de Guinée. »

 

Lerenifleur224.com