Rentrée parlementaire : El hadj Malick N’Diaye appelle au respect des lois et à la préservation de la fraternité entre la Guinée et le Sénégal « Chaque État a ses lois, ses institutions et ses exigences…»
À l’occasion de la rentrée parlementaire des députés de la 10ᵉ législature, plusieurs personnalités officielles ont effectué le déplacement, parmi lesquelles le Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, des membres du gouvernement, des préfets ainsi que des maires issus de différentes circonscriptions. Cette rencontre marque une étape importante dans la vie de l’Assemblée nationale guinéenne.
Prenant la parole, le vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, l’honorable El hadj Malick N’Diaye , est revenu sur les liens de fraternité qui unissent la Guinée et le Sénégal.
« Nos relations ont une particularité : elles ne reposent pas seulement sur les rapports entre les deux États, elles vivent d’abord à travers les relations entre deux peuples. Une frontière nous relie. Des familles vivent des deux côtés. Des Sénégalais ont fait de la Guinée leur terre de vie et de travail. Des Guinéens ont fait du Sénégal leur terre de vie et de travail. Nos populations commercent, étudient, voyagent et construisent ensemble. À vrai dire, entre Sénégalais et Guinéens, lorsqu’on commence à rechercher des liens de parenté, il faut parfois mieux anticiper pour comprendre la profondeur de nos relations. Mais derrière le sourire se trouve une réalité profonde : cette fraternité est un patrimoine que nous devons protéger. Les difficultés économiques ou sociales ne doivent jamais devenir un prétexte pour dresser un peuple contre un autre. Nous devons avoir le droit de vivre en frères. Les discours de rejet, de stigmatisation ou de xénophobie n’ont leur place ni entre Sénégalais et Guinéens ni en Afrique », a-t-il souligné, avant d’ajouter que la fraternité ne signifie pas l’absence de règles.
« Chaque État a ses lois, ses institutions et ses exigences. Celui qui vit, travaille ou entreprend dans un pays frère doit respecter les règles et les lois de ce pays. Il n’y a aucune contradiction entre ces deux exigences. Nous pouvons défendre l’hospitalité et exiger la responsabilité. Nous pouvons préserver la fraternité et respecter la loi. Nous pouvons ouvrir nos cœurs sans renoncer à nos exigences. Notre frontière doit rester un trait d’union, jamais une ligne de fracture entre nos peuples. Et nos parlements ont ici une responsabilité particulière : prévenir les incompréhensions, favoriser le dialogue et empêcher que des difficultés ponctuelles ne deviennent des fractures durables. Il faut que nos parlements se parlent lorsque rien ne brûle. C’est à ce moment que la parole est utile et que la confiance se consolide. Voilà aussi ce panafricanisme que nous devons faire vivre. Non pas seulement celui des grandes déclarations, mais celui qui protège concrètement l’Africain lorsqu’il se rend chez son frère africain, tout en lui rappelant son devoir de respecter les lois du pays qui l’accueille », a-t-il conclu.

L’intervention de El hadj Malick N’Diaye met en lumière la nécessité de préserver les liens historiques de fraternité entre la Guinée et le Sénégal, tout en promouvant le respect des lois et des institutions de chaque État. À travers cet appel au dialogue, à la responsabilité et à la solidarité africaine, le vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise invite les deux pays à faire de leur proximité géographique et humaine un levier de coopération durable, afin que les défis du moment ne fragilisent pas les relations entre leurs peuples.
Par Ousmane Baldé,pour Lerenifleur224.com