Invité ce vendredi dans l’émission « Le Scanner » de Cavi TV, le Dr Sékou Koureissy Condé, Président de l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum Constitutionnel et des Élections (ONASUR-E), a livré une lecture largement positive du processus électoral récemment conduit en Guinée. Entouré de ses dix autres collègues conseillers et experts électoraux, le responsable de l’ONASUR-E affirme avoir procédé à une observation et à une analyse approfondies de l’histoire électorale du pays, estimant avoir constaté « un changement notable » dans la conduite du processus.
Selon le Dr Sékou Koureissy Condé, cette évolution ne serait pas à mettre exclusivement au crédit de l’ONASUR-E. Il souligne plutôt l’existence, durant les opérations électorales, d’un « environnement apaisé, stable et favorable » à la mise en œuvre des mécanismes de supervision et d’observation.
Il a notamment salué le travail de la Direction générale des élections, qu’il décrit comme ayant organisé, avec « compétence et professionnalisme », les différents scrutins, notamment le référendum, l’élection présidentielle ainsi que les élections législatives et communales.
Avec une certaine prudence, le président de l’ONASUR-E reconnaît néanmoins que tout n’a pas été parfait.

« Je ne dis pas que tout a été parfait dans ce que nous avons fait, mais le maximum a été bien fait »,
a-t-il déclaré, avant d’attribuer le mérite principal au peuple guinéen.
Pour lui, la maturité manifestée par les citoyens constitue l’un des enseignements majeurs de cette séquence électorale.
Le Dr Koureissy Condé a également insisté sur ce qu’il considère comme une évolution importante dans les comportements postélectoraux.
Il affirme qu’aucun affrontement majeur, jet de pierres ou décès lié aux opérations électorales n’a été enregistré, selon les observations auxquelles il fait référence. Il relève surtout le recours aux juridictions par certains acteurs contestant les résultats ou certaines décisions électorales.
« Au lieu d’aller manifester dans les rues lorsqu’ils ne sont pas d’accord ou mécontents, ils se sont adressés aux juridictions », a-t-il souligné, présentant cette démarche comme une première dans l’histoire électorale récente du pays.
Cette lecture intervient alors que la Guinée connaît une séquence institutionnelle et politique particulièrement importante depuis la réorganisation de son paysage politique et électoral.
Dans son analyse, le président de l’ONASUR-E a également mis en avant le rôle des différentes institutions impliquées dans l’organisation des élections.
Il estime que les départements ministériels concernés, notamment les Affaires étrangères, la Justice, l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ainsi que les services de la présidence, ont contribué, selon son appréciation, à préserver un cadre qu’il qualifie de favorable au déroulement des opérations électorales.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de préserver la neutralité des organes d’appui à la gouvernance électorale, condition essentielle, selon lui, à la crédibilité des processus futurs.
L’entretien a également abordé la controverse opposant les autorités guinéennes à la chaîne française France 24.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) a interdit, le 17 septembre 2026, la diffusion de France 24 en Guinée, après une séquence dans laquelle la chaîne avait employé le qualificatif de « président putschiste » à l’endroit du chef de l’État, Mamadi Doumbouya. France 24 a ensuite reconnu une erreur, présenté ses excuses et demandé que les mesures prises à son encontre soient réexaminées.
Interrogé sur une éventuelle intervention du ministère guinéen des Affaires étrangères ou du Quai d’Orsay, le Dr Koureissy Condé a appelé à ne pas précipiter le débat diplomatique.
« On n’en est pas là », a-t-il déclaré, estimant que la chaîne ayant présenté ses excuses, la question devait d’abord être traitée avec la Haute Autorité de la Communication, dirigée par Boubacar Yacine Diallo.
Au-delà du différend médiatique, il a surtout livré un plaidoyer en faveur de la responsabilité citoyenne et de la défense de l’image nationale.
Selon lui, lorsqu’une institution ou une personnalité représentant l’État est mise en cause à l’extérieur du pays, les citoyens doivent garder à l’esprit que l’image du pays peut être directement associée à celle de ses dirigeants.
Dans une intervention particulièrement axée sur la notion de patriotisme, le président de l’ONASUR-E a appelé les Guinéens à dépasser leurs frustrations personnelles lorsqu’il est question de l’image et de la souveraineté du pays.
S’appuyant sur son expérience passée à l’étranger, il a rappelé que l’image d’un dirigeant est souvent associée, à l’extérieur, à celle de la nation qu’il représente. Son message est ainsi celui d’une responsabilité collective : quelles que soient les divergences politiques, les blessures ou les frustrations, la défense de l’image de la Guinée doit, selon lui, demeurer une préoccupation commune. À travers cette intervention, le Dr Sékou Koureissy Condé apparaît une nouvelle fois comme un acteur soucieux de mettre en avant la consolidation des institutions, le règlement juridictionnel des différends électoraux et la préservation d’un climat pacifique.
Son discours met particulièrement l’accent sur trois éléments : la maturité des électeurs, le recours aux institutions plutôt qu’à la confrontation et la nécessité de préserver un environnement apaisé pour les processus électoraux.
Au terme de son passage dans « Le Scanner », le Dr Sékou Koureissy Condé a défendu une vision fondée sur la responsabilité, le dialogue institutionnel et la stabilité du processus électoral. Sans prétendre à la perfection, il a choisi de mettre en lumière les acquis qu’il estime avoir observés et d’en attribuer le mérite avant tout au peuple de Guinée.

À travers son expérience et son engagement à la tête de l’ONASUR-E, son intervention traduit surtout une volonté de voir la Guinée consolider progressivement une culture électorale dans laquelle les différends se règlent par les institutions et où la paix demeure une priorité collective. Un message d’apaisement et de responsabilité qui contribue au débat national sur l’avenir institutionnel et démocratique du pays.
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