Ouverture des audiences criminelles à Macenta : le procureur Salimou Diaby promet une justice implacable contre les crimes graves (Discours)

À l’ouverture de la session des audiences criminelles du Tribunal de Première Instance de Macenta, ce mercredi 22 juillet 2026, le procureur de la République près cette juridiction, Salimou Diaby, a prononcé un réquisitoire d’ouverture marqué par un appel à la fermeté contre les crimes de sang, les viols et les autres atteintes graves à la personne. Devant les autorités administratives, judiciaires, militaires, les leaders religieux, les acteurs de la société civile et les populations, le magistrat a réaffirmé l’engagement du ministère public à appliquer la loi avec toute sa rigueur, tout en rappelant le respect de la présomption d’innocence.

Il a également annoncé que six dossiers criminels, dont quatre affaires de viol, un meurtre et une tentative d’assassinat, seront examinés au cours de cette session, tout en assurant que d’autres procédures, notamment le dossier de Goboéla, suivront dès la fin de leur instruction.

 

 

Ci-dessous le discours du Procureur

Monsieur Préfet de Macenta,

​Messieurs les Sous-préfets et Maires de notre circonscription,

​Monsieur le Commandant du Bataillon d’Infanterie de Macenta,

​Messieurs les Officiers, Sous-officiers et Membres des Forces de Défense et de Sécurité,

​Honorables Chefs religieux, Notables et Sages, gardiens de nos traditions et de notre mémoire collective,

​Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations Non Gouvernementales et de la Société Civile,

​Messieurs les Avocats et Auxiliaires de Justice,

​Dingués invités, en vos titres, qualités et rangs respectifs,

Chers concitoyens de Macenta,

​C’est un devoir solennel et un honneur particulièrement lourd de sens qui m’incombent aujourd’hui de prendre la parole devant ce parterre d’autorités et de personnalités éminentes pour ouvrir la présente session d’audiences criminelles de notre tribunal.

​La Justice n’est pas une simple abstraction juridique ni un mécanisme de coercion. Elle est le pilier fondamental de la cité, le gage le plus sûr de la paix sociale et le rempart ultime destiné à protéger les plus faibles contre l’arbitraire et la violence.

​Cette noble mission s’inscrit au cœur de notre Loi fondamentale, dont l’article 8 proclame avec solennité :

​« L’être humain et sa dignité sont sacrés et inviolables. Il a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, à la sûreté et au respect de sa dignité. »

​Depuis toujours, Macenta est reconnue pour être une terre de culture, de foi, de respect mutuel et de conviviale coexistence pacifique. Cette réputation d’harmonie et de sagesse n’est pas le fruit du hasard : elle traduit les valeurs guinéennes ancestrales de solidarité et de protection de la personne humaine, explicitement consacrées à l’article 2 de notre Constitution.

​Cependant, il est des actes d’une gravité telle qu’ils viennent déchirer ce tissu social et altérer la quiétude collective. Les crimes de sang, les atteintes odieuses à l’intégrité physique et les agressions sexuelles ne sauraient trouver la moindre tolérance au sein de notre société.

​Face à de telles dérives, la politique pénale du Gouvernement est d’une clarté absolue : tolérance zéro contre les crimes graves et les atteintes à la vie. Face à ceux qui cherchent à semer la terreur, mon Parquet se dressera avec une détermination sans faille. La justice se déchaînera en appliquant toute la rigueur de la loi à l’encontre de ces malfaiteurs qui s’en prennent à la paix publique.

​Que cela soit entendu jusqu’au fin fond du dernier village de Macenta : aucune disparition suspecte ne sera ignorée, aucun crime dit « rituel » ou sacrifice humain ne restera impuni. Les yeux du Parquet scruteront le moindre village, le moindre hameau, la moindre concession de Macenta. Personne ne sera toléré de nuire à notre vie commune sans se heurter au mur franchissable de la Loi.

​Cette fermeté de l’action publique ne serait qu’une illusion sans le travail acharné et méthodique mené en amont sur le terrain.

​C’est le lieu donc pour moi de féliciter et de remercier chaleureusement les forces de défense et de sécurité, au premier rang desquelles nos Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Police et de la Gendarmerie. Par la qualité constante de leurs procès-verbaux, la précision de leurs constatations et l’abnégation dont ils font preuve lors de leurs enquêtes, ils permettent au Ministère public d’apporter devant la barre des preuves irréfutables et des indices sérieux. Sans leur rigueur quotidienne, l’administration de la preuve serait une épreuve bien plus ardue.

​Mes remerciements s’adressent également, avec une profonde déférence, au Commandement du Bataillon d’Infanterie de Macenta. Par son assistance stratégique et constante auprès des OPJ et du Parquet, l’armée nationale contribue de façon décisive à la restauration et au maintien de l’ordre social dans notre préfecture.

​Enfin, je tiens à saluer l’attitude exemplaire et empreinte de sagesse de nos dignitaires religieux, chefs traditionnels et notables. Vous avez compris que le crime est l’ennemi juré de la communauté et vous refusez fermement d’abriter, de cacher ou de « régler en famille » des faits criminels dont la lourde charge ne peut être portée que par la Justice républicaine. En refusant le compromis avec le crime, vous faites preuve d’une haute conscience civique et morale.

Monsieur le Président du Tribunal, Honorables Assesseurs,

​Permettez-moi de me tourner solennellement vers votre composition pour me faire le relais de la conscience collective de toute une communauté. En cet instant décisif où s’ouvrent ces débats, je porte devant vous le cri du cœur et l’aspiration profonde de nos concitoyens : Macenta a soif de vérité ! Macenta a soif de justice ! Macenta a soif de paix !

​C’est cette soif ardente de sécurité et d’équité que nos concitoyens viennent étancher aujourd’hui au sein de votre tribunal. C’est avec la plus grande confiance que le peuple de Macenta remet entre vos mains éclairées la protection de ses valeurs républicaines et morales.

​Cette soif ardente n’est pas un simple désir d’apaisement passif, mais une exigence fondamentale de protection de l’ordre social. C’est vers votre tribunal que se tournent aujourd’hui les regards de ceux qui ont souffert, de ceux qui doutent et de ceux qui espèrent.

​Le législateur guinéen a fait le choix délibéré et rigoureux de vous réunir pour juger les crimes. La volonté du législateur à travers cette collégialité est limpide : rassembler les intelligences, les consciences et les sagesses juridiques pour faire en sorte qu’aucune erreur, aucune inattention, aucun aveuglement ne vienne nuire, altérer ou troubler la manifestation de la vérité et le triomphe de la justice.

​Vous êtes ces grands et braves magistrats du Siège qui n’ont juré que par une seule chose : dire le droit, dire la vérité et exprimer leur intime conviction.

​Là où vous êtes, vos robes d’impartialité et la lumière de votre conscience professionnelle seront votre seule boussole. Le Parquet et le peuple de Macenta n’ont aucun doute car sous votre direction éclairée et guidés par votre haute sagesse, la vérité jaillira dans toute sa clarté.

​C’est précisément sous le prisme de cette exigence de vérité et de cette rigueur collégiale que le Ministère public soumet à votre haute appréciation six (6) dossiers criminels inscrits au rôle, illustrant les plaies que nous devons guérir ensemble pour restaurer la quiétude sociale à Macenta :

Quatre (4) dossiers de viol ;

​Un (1) dossier de meurtre ;

​Un (1) dossier de tentative d’assassinat.

​L’action du Parquet ne s’arrête pas à cette audience. D’autres procédures complexes sont actuellement en cours d’instruction préparatoire dans les cabinets d’instruction parmi lesquelles figure le dossier de Goboéla. Dès qu’elles seront bouclées, leurs auteurs présumés seront à leur tour renvoyés devant votre auguste tribunal. Personne ne sera lésé dans ses droits, mais personne n’échappera non plus à la rigueur de la Loi.

​Devant ce Tribunal, la présomption d’innocence demeure une réalité absolue. Les accusés auront la parole et se défendront librement avec l’assistance de leurs avocats. À l’issue des débats contradictoires :

​Ceux dont la culpabilité sera établie hors de tout doute raisonnable subiront toute la rigueur des peines prévues par notre Code pénal.

​En revanche, ceux dont l’innocence sera reconnue devront être acquittés et réintégrés pleinement dans la communauté sans stigmatisation.

​Citoyens de Macenta, n’oubliez jamais que la justice est rendue au nom du peuple guinéen. Se faire justice soi-même est un affront à la République que nous ne tolérerons jamais.

Monsieur le Président, Messieurs les Assesseurs, Distingués invités,

​En ouvrant ces débats, le Parquet s’engage à être la voix des victimes, le défenseur de l’ordre public et le gardien infatigable des règles de notre pacte social.

 

 

​Puisse la sagesse du Tout-Puissant guider chacune de vos décisions, afin de donner à Macenta la justice et la paix dont elle a si profondément soif.

Je vous remercie.