Kindia : des élèves dans la rue pour demander la libération des détenus de l’affaire de fraude

Au lendemain du décès de Mamadou Djouma Bah, candidat poursuivi pour fraude lors du baccalauréat unique, session 2025-2026, des élèves de plusieurs établissements de la commune urbaine de Kindia ont organisé, ce mercredi 22 juillet 2026, une marche pacifique pour exprimer leur indignation. À travers cette mobilisation, les manifestants ont lancé un appel au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi qu’au ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar Barry, afin qu’ils revoient les dispositions prévoyant des poursuites judiciaires contre les candidats impliqués dans des cas de fraude aux examens nationaux.

Ils ont également demandé la libération des autres personnes détenues dans cette affaire. Partis de plusieurs établissements scolaires, les élèves ont sillonné les principales artères de la ville pour faire entendre leur voix, sous le regard des citoyens.

Prenant la parole au nom des manifestants, Kadiatou Diallo a expliqué que leur démarche n’était dirigée contre aucune autorité, mais visait à demander une révision de la loi ainsi que la libération des autres détenus.

 

 

« Aujourd’hui, je suis là avec une grande tristesse dans le cœur. Je ne suis pas ici pour m’opposer à qui que ce soit, mais pour dire la vérité. Les parents de Mamadou Djouma Bah avaient demandé d’attendre 48 heures avant toute manifestation, mais pour nous, c’était déjà beaucoup trop. Il y a une mère en prison avec son bébé. En tant que femme et mère, je sais ce que représente le lien entre une maman et son enfant », a-t-elle expliqué.

Poursuivant son intervention, elle a insisté sur le fait que la mort de Mamadou Djouma Bah devait servir de leçon afin de revoir les sanctions appliquées aux candidats reconnus coupables de fraude.

 

 

« Nous demandons simplement la libération des autres détenus. Mamadou Djouma Bah ne reviendra plus. Tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui, c’est prier pour lui. Mais sa mort doit permettre de changer beaucoup de choses. Lorsqu’un élève fraude au baccalauréat, l’annulation de son examen pour cette année est, selon nous, une sanction suffisante. Nous demandons au ministre de mettre fin à cette loi. Elle nous blesse et nous décourage dans nos études », a-t-elle insisté.

Selon Kadiatou Diallo, depuis le décès de leur camarade, les préoccupations des candidats ont profondément changé.

« Hier, nous étions stressés par les résultats du baccalauréat. Aujourd’hui, plus aucun candidat ne pense aux résultats. Depuis la mort de Mamadou Djouma Bah, cela n’a plus d’importance. Nous demandons que tout candidat pris en flagrant délit de fraude voie simplement son examen annulé pour cette année, avec la possibilité de se présenter à nouveau l’année suivante », a-t-elle fait savoir.

Dans un appel empreint d’émotion, elle s’est également adressée au chef de l’État.

 

 

« Monsieur le Président Mamadi Doumbouya, je vous demande humblement de libérer les autres détenus. Nous sommes les futurs cadres de ce pays. Si l’on emprisonne les élèves, quel avenir pour la Guinée ? Pensez aussi à cette mère qui est en prison avec son bébé. Nous vous supplions de faire preuve de clémence. Libérez également nos enseignants. Nous avons besoin d’eux pour les cours de vacances et pour préparer les prochains examens », a-t-elle lancé.

 

À noter que cette marche s’est déroulée dans le calme. À travers cette mobilisation, les élèves disent vouloir attirer l’attention des autorités sur les conséquences humaines des sanctions liées à la fraude aux examens, tout en réaffirmant leur opposition à la fraude elle-même.

 

 

Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com