La famille judiciaire de Guinée rend un ultime hommage au Professeur Maurice Togba Zogbelemou

La famille judiciaire guinéenne a rendu, ce mercredi, un dernier hommage au Professeur Maurice Togba Zogbelemou à travers un symposium solennel organisé au Palais du Peuple de Conakry. La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités de l’État, notamment le Premier président de la Cour suprême, le Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, la présidente par intérim du Conseil national de la transition (CNT), des membres du gouvernement, des chefs de juridictions, des auxiliaires de justice, ainsi que les proches, collaborateurs et admirateurs du défunt.

Décédé le 15 juin 2026 à Conakry des suites d’une maladie, à l’âge de 79 ans, le Professeur Maurice Togba Zogbelemou laisse derrière lui un héritage considérable dans les domaines du droit, de la justice et de l’enseignement supérieur. Né le 1er janvier 1947 à Kéréma, dans la région de N’Zérékoré, il fut major du concours d’agrégation du CAMES en 1987, ancien ministre de la Justice, député à l’Assemblée nationale, avocat au Barreau de Guinée et professeur émérite.

Au cours de la cérémonie, plusieurs témoignages ont retracé le parcours exceptionnel de cet homme d’État dont l’engagement a profondément marqué les institutions guinéennes.

Prenant la parole au nom du Président de la République, du Premier ministre, du gouvernement et du peuple de Guinée, le Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a présenté les condoléances de la Nation à la famille éplorée ainsi qu’au Barreau de Guinée.

Dans son allocution, il a salué la mémoire d’un serviteur de l’État qui a consacré sa vie à la promotion du droit, de l’équité et de l’intérêt général. Selon lui, Maurice Togba Zogbelemou a laissé un héritage fondé sur la rigueur, la responsabilité, l’intégrité et le sens du devoir. Le ministre a particulièrement mis en avant les réformes engagées par l’ancien ministre de la Justice pour renforcer le rôle de la magistrature dans la protection des libertés publiques, la consolidation de l’État de droit et l’amélioration du climat des investissements.

« Monsieur le Ministre Zogbelemou ne disparaît pas totalement. Il demeure présent dans les institutions qu’il a servies, dans les réformes qu’il a portées et dans les générations qu’il a inspirées », a déclaré le Garde des sceaux, invitant les acteurs de la justice à transformer leur douleur en engagement au service de l’État, de la justice et du bien commun.

De son côté, le représentant de l’Association des magistrats de Guinée (AMG), Théophil Magloire Koudio, a rendu hommage à « l’une des plus grandes figures du droit et de la justice » du pays. Il a souligné la richesse du parcours du disparu, qui s’est illustré comme avocat, universitaire, homme d’État et parlementaire.

Selon lui, Maurice Togba Zogbelemou a incarné tout au long de sa carrière les valeurs de compétence, d’intégrité, de dialogue et d’attachement à la justice. Son enseignement a contribué à la formation de plusieurs générations de juristes, magistrats, avocats et cadres qui servent aujourd’hui la Guinée.

Le représentant de l’AMG a également rappelé que la magistrature guinéenne doit une part importante de son héritage intellectuel au professeur émérite.

« Les institutions judiciaires de notre pays perdent aujourd’hui une référence, un sage et un bâtisseur. Mais l’œuvre qu’il laisse continuera d’inspirer les générations présentes et futures », a-t-il affirmé.

Dans une atmosphère empreinte de recueillement et d’émotion, les différents intervenants ont unanimement salué la mémoire d’un homme dont le parcours exceptionnel a marqué l’histoire contemporaine de la Guinée. Tous ont insisté sur la nécessité de préserver et de perpétuer les valeurs qu’il a incarnées tout au long de sa vie.

Avec la disparition du Professeur Maurice Togba Zogbelemou, la Guinée perd l’un de ses plus éminents juristes, un intellectuel respecté et un acteur majeur de la construction de l’État de droit. Son nom restera gravé dans la mémoire collective comme celui d’un bâtisseur dont l’œuvre continuera d’éclairer les générations futures.

Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com