Journée de l’Enfant africain : en Guinée, un appel pressant pour un meilleur accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène.

La Guinée a célébré, ce mardi 16 juin, la Journée de l’Enfant africain à travers une cérémonie officielle organisée par le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs départements sectoriels. L’événement a réuni de nombreux élèves venus de différents établissements scolaires du pays, aux côtés des membres du Parlement des enfants de Guinée.

Placée sous le thème « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène », cette édition 2026 a été marquée par de vibrants plaidoyers en faveur des droits des enfants, notamment leur droit à des services essentiels favorisant leur santé, leur éducation et leur épanouissement.

Prenant la parole au nom des enfants, la présidente du Parlement des enfants de Guinée, Mariama Diallo, a dressé un constat préoccupant des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux élèves.

« Des milliers de filles manquent l’école pour aller puiser de l’eau. Les maladies liées à l’eau continuent de coûter la vie à des milliers d’enfants. Beaucoup d’écoles ne disposent ni d’eau courante ni de toilettes séparées, poussant certains adolescents à abandonner les cours faute d’intimité », a-t-elle déclaré. Face à cette situation, elle a appelé les autorités à agir sans délai.

Le Parlement des enfants réclame notamment l’installation de points d’eau potable dans toutes les écoles, la construction de toilettes dignes et séparées ainsi qu’une augmentation substantielle des budgets consacrés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène.« Investir dans l’eau et l’assainissement, c’est investir dans l’éducation et protéger la vie des enfants de Guinée. Nous voulons des robinets qui coulent et des latrines propres. Donnez-nous les moyens de grandir en bonne santé afin de bâtir la Guinée de demain. L’eau, c’est la vie », a-t-elle insisté.

La représentante de l’UNICEF en Guinée, Maddalena Bertolotti, a, pour sa part, rappelé que les enfants demeurent les premières victimes des effets du changement climatique, alors qu’ils en sont les moins responsables.« Les enfants contribuent le moins au changement climatique, mais en subissent les conséquences les plus graves. Face à cette réalité, nous devons agir avec davantage d’ambition et d’urgence », a-t-elle affirmé.

S’adressant directement aux enfants, elle a réitéré l’engagement de l’UNICEF à défendre leurs droits.

« Vos rêves comptent, vos voix comptent et vos droits comptent. Vous avez le droit de grandir dans un environnement propre, sûr et protecteur. Vous avez le droit d’apprendre dans une école disposant de toilettes propres et fonctionnelles, et de vivre à l’abri de maladies évitables. L’UNICEF et ses partenaires seront toujours à vos côtés pour porter votre voix au plus haut niveau », a-t-elle assuré.

Présidant la cérémonie, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Adeline Lamah, a rappelé la portée historique de cette journée, instituée en mémoire du soulèvement des enfants de Soweto, en Afrique du Sud, en 1976.« Cette journée n’est pas seulement une commémoration, elle est un devoir de mémoire. Elle nous rappelle le courage exceptionnel des enfants de Soweto qui ont élevé leur voix pour réclamer leur droit à une éducation digne et équitable. Leur combat continue de résonner aujourd’hui et nous rappelle que chaque génération a la responsabilité de protéger celle qui vient après elle », a-t-elle déclaré.

La ministre a également mis en lumière les défis persistants auxquels fait face la Guinée en matière d’assainissement.« Malgré les avancées enregistrées, plus de 4,5 millions de Guinéens ne disposent toujours pas d’installations sanitaires adéquates, dont environ 2,3 millions d’enfants. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des enfants qui aspirent simplement à apprendre dans de meilleures conditions », a-t-elle souligné.

Réaffirmant la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions de vie des enfants, Patricia Adeline Lamah a insisté sur la nécessité d’investir durablement dans les services sociaux de base.

« Investir dans un enfant, c’est investir dans l’avenir de toute une nation. Notre ambition est de construire une Guinée où aucun enfant ne sera empêché d’apprendre parce qu’il n’a pas accès à l’eau, où aucune fille ne verra son parcours scolaire interrompu faute de conditions adaptées », a-t-elle déclaré.

En clôture de son intervention, elle a appelé l’ensemble des acteurs à renforcer leur engagement collectif en faveur de la protection de l’enfance.« La protection de l’enfant n’est pas seulement une mission institutionnelle, c’est un engagement moral envers les générations futures. Ensemble, poursuivons notre engagement pour une Guinée où chaque enfant est protégé, accompagné et capable de réaliser pleinement son potentiel », a-t-elle conclu.

À travers cette célébration, les autorités guinéennes, les partenaires au développement et les enfants eux-mêmes ont rappelé que l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène constitue un droit fondamental et un levier indispensable pour garantir une éducation de qualité, préserver la santé des enfants et favoriser un développement durable.

Par Mimi Bangoura, pour Lerenifleur224.com