Procès Mohamed Diané : la CRIEF convoque plusieurs personnalités, dont la fille de l’ex-ministre

Le dossier impliquant Dr Mohamed Diané continue de connaître de nouveaux développements devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Ce jeudi 7 mai 2026, la Chambre de jugement a ordonné une série de mesures destinées à approfondir les investigations dans cette affaire portant sur des accusations présumées de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.

Parmi les décisions prises par la Cour figure la convocation de M’Mawa Diané, fille de l’ancien ministre de la Défense nationale. Les magistrats souhaitent l’entendre au sujet de plusieurs biens qui seraient liés à son père, mais qui auraient été enregistrés en son nom. La juridiction entend également obtenir des éclaircissements sur sa participation dans la modernisation de la ferme agro-pastorale familiale située à Kankan.

Au cours de l’audience, la Cour a aussi ordonné la comparution de plusieurs personnalités et responsables administratifs. Il s’agit notamment de Louceiny Nabé, ancien gouverneur de la Banque centrale, de Mohamed Lamine Traoré, ex-directeur général chargé des affaires financières à la présidence sous le régime d’Alpha Condé, ainsi que de l’entrepreneur Sékou Kaké. Les responsables des services du cadastre et les conservateurs fonciers ont également été invités à comparaître afin de fournir des informations complémentaires sur certains biens concernés dans le dossier.En outre, l’administration parlementaire devra transmettre à la Cour la situation financière de Dr Mohamed Diané durant son mandat de député à l’Assemblée nationale entre 1995 et 2002. Le service chargé de l’immatriculation des véhicules a, de son côté, été instruit de communiquer la liste de tous les engins enregistrés au nom de l’ancien ministre.

Ces différentes mesures répondent à une requête formulée par le procureur spécial près la CRIEF. Selon Alphonse Charles Wright, l’objectif est de permettre à la justice de disposer de tous les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité. La partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État, a soutenu l’ensemble des demandes du parquet spécial. La défense, en revanche, estime que certaines mesures sont injustifiées, particulièrement la convocation de la fille de l’ancien ministre, qui se trouverait actuellement hors du pays.

Les avocats de Dr Mohamed Diané ont également attiré l’attention de la Cour sur la durée de détention de leur client, emprisonné à la Maison centrale depuis quatre ans. Ils ont rappelé que la condamnation prononcée en première instance est de cinq ans de prison ferme.Plaidant pour un traitement rapide du dossier, les conseils de l’ancien ministre ont demandé que le procès soit bouclé dans un délai raisonnable ne dépassant pas trois mois.

À l’issue des débats, l’affaire a été renvoyée au 21 mai 2026 pour l’exécution des mesures ordonnées et la poursuite des audiences.

Par Diaraba Aly, pour Lerenifleur224.com