Yorokoguiyah : Ibrahima Sory 2 Tounkara sur le chantier du projet pénitentiaire qui suscite espoir et vigilance
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, s’est rendu ce mardi 25 mars 2026 sur le site du futur centre pénitentiaire de Yorokoguiyah, situé dans la préfecture de Dubréka. Ce projet, considéré comme le plus important du secteur carcéral en Guinée, vise à répondre à la surpopulation des prisons, notamment dans la capitale, tout en introduisant une vision modernisée de la détention.

Accompagné de plusieurs collaborateurs, le garde des Sceaux a inspecté en détail l’état d’avancement des travaux et s’est montré satisfait de leur progression. Il a insisté sur le caractère innovant de l’infrastructure, qu’il décrit comme bien plus qu’un simple lieu de détention.
Le futur centre intégrera des équipements adaptés aux besoins des détenus, tels que des bâtiments à plusieurs niveaux, des structures sanitaires, des espaces de loisirs et des salles dédiées à la formation. Sa capacité d’accueil, estimée à 3 000 places, devrait contribuer à désengorger les établissements pénitentiaires actuels.
Le ministre a également mis en avant la vocation sociale du projet, soulignant son rôle dans la réinsertion des détenus. L’organisation du site prévoit des espaces distincts pour les différentes catégories de pensionnaires mineurs, femmes et adultes conformément aux normes internationales. Il a par ailleurs rappelé que d’autres infrastructures similaires sont en cours de réalisation à travers le pays, notamment à Fria.

« Je dirais que là, c’est plus qu’une prison, Monsieur le journaliste. Ce que je viens de visiter est un centre pénitentiaire qui est en train de voir des bâtiments modernes pour les futurs pensionnaires de ce centre. Donc, je disais que ma satisfaction est très grande. Et je suis venu aujourd’hui pour visiter ce chantier, en plus de cela, encourager ceux qui sont en train de mettre en œuvre ce travail. Vous avez dû le constater avec moi que tout est prévu dans ce centre. Je le disais que c’est un centre moderne qui va nous aider à désengorger les prisons à partir de Conakry. Parce qu’ici, on vient de nous dire que ça va avoir une capacité de 3 000 détenus. Des bâtiments en R+3, des infirmeries, des aires de jeux, des salles de formation… et vous comprendrez que ça, ça vient améliorer la politique pénale et la politique surtout carcérale de ce pays-là. »
De son côté, le responsable du projet, Keïta Abdoulaye, a présenté les principales caractéristiques techniques du chantier, qui s’étend sur une superficie de six hectares. Le complexe s’articule autour de trois composantes majeures : une zone de détention comprenant quatre blocs et plus de 400 cellules, un espace dédié à la formation et à la réinsertion avec des ateliers spécialisés, ainsi qu’un pôle destiné aux services essentiels, incluant cuisine, infirmerie et lieux de culte. L’objectif affiché est de faire de cette structure une référence moderne dans la sous-région ouest-africaine.

« L’ambition est d’en faire une prison moderne, potentiellement l’une des plus grandes d’Afrique de l’Ouest. Concernant l’état d’avancement, le taux d’exécution global est actuellement à 18 %. Cependant, le gros œuvre est très avancé, atteignant presque 50 % de réalisation. Il faut souligner que le gros œuvre est la partie la plus conséquente et que les seconds œuvres s’exécutent plus rapidement. Pour ce qui est du calendrier, les travaux ont débuté le 20 janvier 2025. Il nous reste environ 10 mois de travaux pour une remise des clés prévue en janvier 2027. Pour respecter les délais contractuels, les travaux passeront en régime 24h/24 dès la semaine prochaine avec la mise en place d’une équipe de nuit. »
Pour respecter ce calendrier, les équipes envisagent d’instaurer un rythme de travail continu, avec des rotations jour et nuit.
Au niveau local, l’initiative est globalement bien accueillie. Le président de la délégation spéciale de Dubréka, Aboubacar Soumah, s’est réjoui de l’implantation de cette infrastructure dans sa commune. Il a toutefois souligné l’importance d’accompagner le projet par des mesures de sensibilisation et d’aménagement, notamment pour sécuriser les environs du site.

« Au moins ça fait la quatrième fois que je viens. Mais le travail que je vois ici vraiment ça nous enchante. Et dire que Dubréka, dans le quartier Yorokoguiyah, que Yorokoguiyah abrite le plus grand centre pénitentiaire de la République, même de l’Afrique de l’Ouest, ça vraiment pour la population de Dubréka nous sommes très fiers de voir vraiment ce qui a été comme ça installé ici. Et le centre ici, c’est encore une fois de plus protéger celui qui est détenu ici. Il doit être dans les conditions d’accueil encore favorables. On ne peut pas détenir une personne et la mettre dans des circonstances difficiles. Ce que je vois ici vraiment c’est encore merveilleux. Et nous souhaitons que tout ce qui sont là on les écarte comme ça du malheur et que les prochaines années que ce centre-là soit fini. Nous sommes très fiers pour que Dubréka abrite, et surtout dans le quartier Yorokoguiyah »
Dans le prolongement de cette visite, le ministre s’est également rendu sur le chantier du futur Palais de justice de Dubréka, où il a appelé à accélérer les travaux.

À travers le projet de Yorokoguiyah, les autorités guinéennes entendent engager une transformation en profondeur du système pénitentiaire. Modernisation des installations, amélioration des conditions de détention et promotion de la réinsertion sociale constituent les piliers de cette réforme. Le respect des délais annoncés sera désormais déterminant pour concrétiser cette ambition.
Par Rama Fils, pour lerenfleur224.com