Décès de Toumba : émotion et recueillement au sein de la famille  »Tout le monde savait qu’il était malade depuis sept ans. » (Proches)

La Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion a annoncé, dans un communiqué publié ce mercredi, le décès du Commandant Aboubacar Diakité, plus connu sous le nom de « Toumba ». Récemment transféré à la maison d’arrêt de Coyah, l’ancien officier laisse derrière lui une famille endeuillée et de nombreux proches plongés dans la consternation.

Au domicile familial, l’atmosphère était lourde de tristesse. Parents, amis, connaissances et anciens collaborateurs se sont mobilisés pour exprimer leur compassion et rendre un dernier hommage à celui que beaucoup décrivent comme un homme généreux et engagé.

Parmi eux, Alpha Amadou Diallo, ami d’enfance du défunt, a livré un témoignage empreint d’émotion. Il évoque une relation forgée dès le plus jeune âge, marquée par une proximité constante.

« Nous avons grandi ensemble. Il ne faisait de mal à personne. Il pensait toujours à la jeunesse et à son prochain », confie-t-il, soulignant la bienveillance et l’esprit de solidarité qui caractérisaient « Toumba ».

Selon lui, le disparu nourrissait une profonde inquiétude pour l’avenir de la jeunesse guinéenne.

« Il disait toujours qu’il voulait contribuer à améliorer les conditions de vie des jeunes. Il avait foi en un avenir meilleur pour le pays », ajoute-t-il, visiblement affecté.

La nouvelle de son décès, bien que redoutée ces derniers jours, a été difficile à accepter pour ses proches.

« Je refusais d’y croire sans preuve », explique Alpha Amadou Diallo, qui affirme avoir multiplié les démarches avant d’obtenir confirmation auprès de ses avocats. Concernant une éventuelle autopsie, la famille n’a, pour l’heure, pris aucune décision, préférant attendre la tenue d’une réunion familiale.

Un autre proche, ayant requis l’anonymat, a également tenu à témoigner :

« Lorsqu’il était à la maison centrale de Coyah, il me disait que si Dieu l’avait envoyé là-bas, c’était certainement pour qu’il puisse aider à changer d’autres personnes. Il était animé d’une très grande volonté pour le pays. Il était très inquiet pour la jeunesse. Il me disait souvent : “Regarde comment la jeunesse est tombée dans la perversité, comment elle s’égare. Quel est l’avenir de ce pays ?” Il avait une très belle ambition pour ce pays. Il demandait aussi de prier pour le président Mamadi Doumbouya. Il le répétait à chaque occasion : “Mamadi est jeune, il ne faut pas lui en vouloir. Il faut prier pour lui.” »

Par ailleurs, ce proche révèle que le Commandant souffrait depuis plusieurs années d’une maladie :

« Tout le monde savait qu’il était malade depuis sept ans. Il souffrait d’une hernie de la ligne blanche. Il a sollicité de l’aide à plusieurs reprises, mais sans succès. Il avait même évoqué cette situation lors de son procès. Pour le moment, nous ignorons la cause de son décès. Nous sommes une famille croyante et résiliente. Nous pensons que c’est la volonté de Dieu, comme il aimait lui-même le dire : tout est déjà prescrit dans l’ordre divin. Nous l’acceptons et nous disons Alhamdoulilah », précise-t-il.

À ce stade, les causes exactes du décès restent inconnues. En attendant d’éventuelles clarifications, la mémoire du Commandant Aboubacar Diakité demeure vivace dans l’esprit de ceux qui l’ont connu, entre souvenirs d’un homme engagé et interrogations sur les circonstances de sa disparition.

Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com