Kindia en tension : les taxi-motos frappés par la flambée des prix du carburant et le marché noir

La crise de carburant à Kindia n’a toujours pas trouvé d’issue. Malgré le communiqué publié mardi 3 mars 2026 par la SONAP, démentant toute pénurie et assurant la disponibilité de réserves dans les dépôts, la réalité sur le terrain reste bien différente. Dans la commune urbaine de Kindia, se procurer un litre d’essence relève d’un véritable parcours du combattant. Sur le marché noir, le litre se négocie entre 15 000 et 25 000 francs guinéens, selon la disponibilité et le pouvoir d’achat des clients.

Rencontrés dans la ville, plusieurs conducteurs de taxi-motos dénoncent une complicité supposée entre certains pompistes et les revendeurs du marché parallèle. Selon eux, les stations-service privilégieraient le remplissage de bidons destinés à la revente, au détriment des motos.

« Nous souffrons énormément de cette situation. Quand nous allons à la station pour acheter du carburant, les pompistes refusent parfois de nous servir, mais remplissent les bidons de ceux qui revendent ensuite au marché noir à 20 000 voire 30 000 francs le litre. Nous sommes alors obligés d’augmenter le prix du transport, ce qui impacte les citoyens. Pourtant, ces stations sont là pour desservir les engins roulants. Nous demandons aux autorités de mettre fin au marché noir, qui est à la base de cette crise », a expliqué Alassane Camara, conducteur de taxi-moto.

Ibrahima Sory Camara, rencontré sur son lieu de travail, estime que cette crise est également influencée par le contexte international.

« Cette situation est très préoccupante. Nous, les motos-taxis, trouvons rarement de l’essence, et souvent sur le marché noir à 15 000, 20 000 ou 25 000 francs le litre. Pour moi, cette crise dépend de la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, car ce sont ces pays qui influencent le marché mondial du pétrole. Forcément, cela impacte notre pays », a-t-il déclaré.

De son côté, Alseny Diallo décrit un quotidien particulièrement difficile

« C’est très compliqué de se procurer de l’essence. Nous achetons actuellement le litre entre 20 000 et 25 000 francs guinéens au marché noir. Même à ce prix, il n’est pas facile d’en trouver. Certains vendent à 20 000, d’autres à 25 000. J’étais à la station depuis hier, de 8 heures à 19 heures, sans réussir à obtenir ne serait-ce qu’un litre. J’y ai passé toute la journée. »

Sur le terrain, plusieurs stations-service de la ville sont pour le moment restées fermées.

Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com