Le Tribunal militaire de première instance permanent de Conakry a accueilli, ce mercredi 4 mars 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara. Cette visite officielle, effectuée en compagnie de collaborateurs de son cabinet et de hauts cadres du département, s’est déroulée en présence du procureur général près la Cour d’Appel de Conakry.

Implanté sur la corniche de la Cité des Nations, dans la commune de Kaloum, le siège de la juridiction militaire a servi de cadre à un accueil protocolaire solennel. À son arrivée, le ministre a été reçu par le président du tribunal ainsi que par le procureur intérimaire, le capitaine Mohamed Lamine Touré, avant de rejoindre la salle d’audience où s’est tenue la cérémonie officielle.
Dans son allocution, le procureur intérimaire a mis en exergue la portée institutionnelle de cette visite, qu’il considère comme un signal fort en faveur des juridictions militaires. Il a rappelé qu’en Guinée, la justice demeure une et indivisible, qu’elle soit rendue en matière civile ou militaire, soulignant l’engagement de son parquet en faveur de la transparence, de la rigueur et du respect scrupuleux des droits humains.
Le représentant du ministère public a précisé que le parquet militaire de Conakry fonctionne avec un effectif restreint : quatre magistrats militaires, dont l’un en déplacement pour raison médicale et deux en formation, appuyés par un service de greffe. Cette juridiction est compétente pour connaître des infractions de droit commun commises par des militaires dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que des infractions prévues par le Code de justice militaire dans la zone spéciale de Conakry.
Abordant les difficultés rencontrées, le capitaine Touré a évoqué les difficultés hiérarchique existant entre la direction de la justice militaire et le parquet général près la Cour d’Appel de Conakry. Il a également insisté sur le déficit en ressources humaines et en équipements administratifs, malgré la reconstruction récente des locaux par le ministère de la Défense nationale. En dépit de ces contraintes, il a réaffirmé la volonté de son équipe d’accomplir sa mission avec intégrité et professionnalisme.
Prenant la parole à son tour, le président du tribunal, Abdourahamane Diallo, a adressé ses félicitations au ministre pour sa nomination à la tête d’un département clé de l’exécutif. Il a rappelé le rôle stratégique du tribunal militaire, aux côtés des formations spéciales établies à l’intérieur du pays, dans le maintien de la discipline et de la cohésion au sein des forces armées.

Le magistrat a toutefois exposé plusieurs préoccupations : l’insuffisance du personnel judiciaire, la nécessité de renforcer la formation continue, l’amélioration des équipements et l’octroi d’un budget de fonctionnement équivalent à celui des tribunaux de première instance de droit commun. Il a également signalé les difficultés d’accès au siège de la juridiction, liées à sa proximité avec la Présidence de la République, et sollicité l’appui du ministre afin de trouver une solution adaptée.
En réponse, le Garde des Sceaux s’est engagé à examiner avec diligence les recommandations formulées et à apporter des réponses concrètes aux préoccupations exprimées. Cette déclaration intervient dans un contexte institutionnel délicat, où la coordination entre les différentes sphères de la justice constitue un enjeu majeur.

Au-delà du caractère protocolaire, cette visite traduit une volonté affirmée de renforcer les passerelles entre les autorités judiciaires civiles et militaires. Elle met en lumière les avancées réalisées, mais aussi les défis structurels qui persistent au sein de la justice militaire guinéenne. L’engagement pris par le ministre sera désormais scruté à l’aune des actions concrètes qui suivront, dans l’optique de consolider l’efficacité, l’indépendance et la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com