Ce vendredi 7 novembre a eu lieu la cérémonie de passation de service entre Ibrahima Sory 2 Tounkara, désormais ex-président du Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn et premier président de la Cour d’Appel de Conakry, et son successeur, Aboubacar Thiam. Dans son discours d’adieu, M. Tounkara est revenu sur son bilan à la tête de cette juridiction. Il a notamment souligné l’ampleur du travail accompli, mentionnant que son équipe sortante a rendu un total impressionnant de 4 078 décisions.
Parmi ces décisions, le procès des événements du 28 septembre 2009 se distingue. Ce dossier, qu’il a conduit avec brio, a non seulement capté l’attention nationale et internationale, mais a également révélé Ibrahima Sory 2 Tounkara à la face du monde. Il a d’ailleurs qualifié cette cérémonie de passation de service d’«historique», rappelant que le TPI de Dixinn lui a permis d’accomplir «l’une des plus nobles missions dont pouvait rêver un magistrat dans sa carrière professionnelle».
L’ex-président a décrit ses trois années et quelques mois à la tête du TPI de Dixinn comme une «aventure humaine, professionnelle, intense et enrichissante».
Il a insisté sur la nature exigeante de la fonction, citant la couverture géographique étendue de la juridiction ainsi que le caractère complexe et sensible des litiges qui y sont traités. M. Tounkara a souligné que l’exercice de cette charge exigeait des valeurs fondamentales de la magistrature, telles que la rigueur, la proactivité, l’attention aux dossiers et aux justiciables, et la résistance aux tentations quotidiennes. Il s’est dit convaincu que son successeur, qui a déjà exercé les fonctions de chef de juridiction à N’zérékoré, possédait toutes les aptitudes nécessaires.
Malgré les «innombrables résultats» obtenus, M. Tounkara n’a pas manqué de mettre en lumière les défis qui attendent la nouvelle équipe.
Il a identifié des besoins criants liés aux infrastructures et aux ressources humaines, notamment :
L’insuffisance de magistrats et de greffiers.
Le manque de bureaux, de salles d’audience et de cabinets d’instruction.
Le manque d’interprètes professionnels et permanents.
Ces difficultés ont eu pour conséquence directe l’accumulation d’un nombre important de dossiers criminels et des retards dans le jugement des procédures de flagrant délit. Ces points constitueront les principaux chantiers pour le président entrant, Aboubacar Thiam.
Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com