Face aux inondations, Fodé Soumah appelle à une gouvernance fondée sur la prévention

Ces dernières années, les inondations sont devenues une menace récurrente en Guinée, particulièrement dans la région du Grand-Conakry. Une situation dramatique qui, en 2025, a déjà causé la mort de 15 personnes, fait 19 blessés et affecté plus de 7 700 citoyens à travers le pays, selon les chiffres de l’Agence Nationale de Gestion des Catastrophes.

Alors que les eaux continuent de ravager les habitations et de bouleverser la vie quotidienne, une question revient sans cesse : pourquoi la Guinée semble-t-elle chaque année surprise par des événements pourtant prévisibles ? Pour tenter d’y voir plus clair, notre rédaction s’est entretenue avec l’ancien député Fodé Mohamed Soumah, président du parti Génération Citoyenne (GéCi).

« Ce qui semble être une surprise était prévisible », déplore-t-il, pointant du doigt le manque d’anticipation du gouvernement. Pour lui, l’État devrait se concentrer sur la consolidation des acquis, plutôt que sur de nouvelles réalisations qui, souvent, manquent de rigueur et de durabilité. Il ajoute :

« Même les routes réparées ou neuves en si peu de temps sont déjà dégradées, sans aucune sanction envers ceux qui les ont mal exécutées. »

Fodé Mohamed Soumah va plus loin et évoque un mal plus profond : l’absence d’une vision claire.

« Nous ne connaissons même pas la feuille de route de ce gouvernement. Ça va dans tous les sens. Les problèmes liés au développement s’accumulent pendant que l’on détourne l’attention de l’essentiel avec des débats politiciens. » Il critique également les priorités du régime actuel, notamment l’idée d’une nouvelle constitution qu’il juge inappropriée au regard des défis urgents auxquels le pays fait face.

Les inondations en Guinée ne sont pas seulement une catastrophe naturelle ; elles mettent aussi en lumière une crise de gouvernance. Le manque de prévention, l’inexécution des travaux de drainage, la dégradation rapide des infrastructures et l’absence de reddition des comptes sont autant de facteurs qui aggravent la situation. Tant que l’État ne passera pas de la réaction à l’anticipation, les citoyens guinéens continueront à payer le prix fort des inondations… année après année.

 

 

Le Renifleur, pour lerenifleur224.com