Résultats provisoires du RAVEC : Comment une région de l’intérieur peut-elle dépasser Conakry ? » s’interroge Ibrahima Aminata Diallo
Après la remise officielle des statistiques provisoires issues du Registre national des personnes physiques (RNPP) et du fichier électoral biométrique, les réactions continuent à fuser autour de ce document. Dans une interview accordée ce lundi 21 juillet 2025, Ibrahima Aminata Diallo, président de la CONALPED, s’il salue l’initiative du recensement, n’en dénonce pas moins plusieurs manquements, notamment sur la répartition des données démographiques par région.
Selon les résultats présentés, la Basse-Guinée pourtant région abritant la capitale Conakry serait moins peuplée que d’autres régions du pays. Un constat qui suscite l’incompréhension et le doute chez de nombreux citoyens. Pour l’activiste, ces chiffres sont non seulement invraisemblables, mais surtout inacceptables.
« Ça m’a fait rire parce que Conakry, qui est une capitale côtière, cosmopolite, où il y a tout le monde… Je pense que c’est la synthèse de la Guinée qui se trouve à Conakry. Si on me dit qu’il y a une région à l’intérieur du pays qui dépasse Conakry, moi je m’interroge : sur quelle base ? Sur quel critère une telle chose est-elle possible ? Même quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire, s’il entend cela, il dira non. C’est inadmissible », a-t-il martelé.
Et de poursuivre :
« Comment une seule région peut-elle dépasser deux régions réunies ? Nous pensons qu’il est impératif de revoir ces chiffres. Il ne faut pas faire un recensement politique, mais un recensement crédible, permettant de rationaliser les coûts et de produire un fichier électoral digne de ce nom. Un fichier qui ne serve pas à orienter les votes en faveur de tel ou tel camp, mais qui puisse accompagner la Guinée pour au moins dix ou vingt ans, en limitant les contestations. Personnellement, je reste sur ma faim. L’acte de recensement est à saluer, mais la manière dont les résultats ont été présentés, notamment la cartographie électorale, interroge une fois de plus le bon sens. » Souligne cet activiste de la société civile
Si le processus de recensement national constitue une avancée administrative majeure, la présentation des résultats soulève de sérieuses interrogations sur leur fiabilité et leur objectivité. Les propos d’Ibrahima Aminata Diallo traduisent une inquiétude partagée par une partie de l’opinion publique : celle de voir les données démographiques instrumentalisées à des fins politiques. Pour que le fichier électoral inspire confiance et serve durablement la démocratie guinéenne, il apparaît indispensable de renforcer la transparence et la rigueur dans toutes les étapes du processus.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com