Justice / Ouverture du Forum national sur le renforcement des capacités des acteurs de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués de Guinée (AGRASC)

Ce lundi 7 juillet 2025 s’est tenue, à Conakry, l’ouverture du Forum national sur le renforcement des capacités des acteurs de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués de Guinée (AGRASC). Cette rencontre, présidée par le chef du gouvernement, réunira pendant deux jours des experts français et guinéens, des magistrats, des enquêteurs, des praticiens du droit ainsi que des gestionnaires de biens publics.

 

 

Ce forum vise non seulement à sensibiliser et à former les magistrats, greffiers, officiers de police judiciaire, notaires et autres professionnels du droit sur les procédures de saisie et de confiscation, mais également à renforcer la coopération interinstitutionnelle nécessaire à la traçabilité et à la valorisation des avoirs saisis. Le ministre a d’ailleurs réaffirmé son engagement à doter les juridictions répressives des outils juridiques et des formations adéquates pour faire de la lutte contre l’enrichissement illicite une réalité tangible.

 

 

« Le 26 août 2023, sur instruction du chef de l’État, l’installation officielle des dirigeants de l’AGRASC a eu lieu en présence des ministres de la Justice, de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, ainsi que de celui de l’Économie et des Finances. Depuis cette date, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, nous avons commencé à mettre en œuvre l’ensemble des activités et missions assignées à notre Agence, dans le cadre de la gestion et du recouvrement de tous les avoirs saisis et confisqués, généralement au profit des services publics de l’État.  Si je rappelle ces faits, c’est pour reconnaître avec vous que, sans la volonté politique des autorités actuelles de notre pays à leur tête le Général d’Armée Mamadi Doumbouya, Chef de l’État et Chef suprême des Armées ce dernier maillon de la chaîne pénale qu’est l’AGRASC, véritable arme contre la délinquance financière et économique, n’aurait pas vu le jour. C’est pour ces raisons que je tiens à vous associer aux remerciements, félicitations et encouragements que je formule, au nom de l’ensemble du personnel de l’AGRASC, à l’endroit du Général Mamadi Doumbouya », a déclaré Alpha Sény Camara, Directeur général de l’AGRASC.

Dans son discours de circonstance, le président du Conseil d’administration, Alpha Saliou Barry, a insisté sur l’importance de la tenue de ce forum

 

 

 

« Cet événement marque une étape importante dans notre engagement commun en faveur du renforcement de l’État de droit, de la transparence dans la gestion des avoirs criminels, et de l’effectivité de la chaîne de recouvrement. Il témoigne également de la volonté des autorités guinéennes de doter notre pays d’un dispositif institutionnel crédible, autonome et professionnel en matière de lutte contre la criminalité économique et financière. La problématique des avoirs criminels est devenue une priorité mondiale. Elle l’est d’autant plus pour des pays comme la Guinée, engagés dans une réforme en profondeur de la gouvernance judiciaire, administrative et économique. Saisir, conserver, administrer et redistribuer les biens issus d’activités illicites constitue aujourd’hui un levier stratégique de moralisation de la vie publique, de restauration de la confiance citoyenne, et de réparation économique au profit de la collectivité. L’AGRASC Guinée, jeune institution mais ambitieuse, s’est engagée sur cette voie avec l’appui déterminant de l’AGRASC France, que je salue ici avec reconnaissance pour leur coopération exemplaire. Ce forum, qui réunit pendant deux jours des experts français et guinéens, des magistrats, des enquêteurs, des praticiens du droit et des gestionnaires de biens publics, a pour ambition de favoriser le dialogue, de partager les bonnes pratiques et de renforcer les capacités nationales dans la gestion des avoirs saisis ou confisqués. Il s’agit, concrètement : de consolider l’articulation entre les autorités judiciaires et administratives dans la mise en œuvre des décisions de saisie et de confiscation, de renforcer les procédures d’inventaire, d’expertise, de conservation et d’aliénation des biens saisis et de développer des mécanismes de traçabilité et d’utilisation des fonds issus de la confiscation au bénéfice de la collectivité. Nous sommes conscients que la réussite de l’AGRASC Guinée dépendra de plusieurs conditions : la clarté du cadre juridique, la coopération interinstitutionnelle, la formation continue des acteurs, et la mobilisation des ressources techniques et logistiques.»

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kairaba Kaba, a saisi l’occasion pour rappeler l’importance de cette initiative dans le cadre du processus de réforme de la justice guinéenne. Dans un discours très attendu, il a salué la tenue de ce colloque comme un jalon essentiel dans l’opérationnalisation de l’AGRASC, créée par décret en octobre 2022, sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya.

 

 

« En ma qualité de Garde des Sceaux, je m’engage solennellement à renforcer les directives de politique pénale en matière de lutte contre la criminalité économique, à assurer un encadrement rigoureux des pratiques professionnelles et à encourager une meilleure culture de coopération interinstitutionnelle. Je veillerai, dans les mois à venir, à ce que toutes les juridictions répressives soient sensibilisées, appuyées et responsabilisées dans la mise en œuvre des outils juridiques de saisie et de confiscation. Il s’agira aussi de promouvoir des modules de formation continue pour les magistrats sur les mécanismes de gestion des avoirs saisis, en étroite collaboration avec l’AGRASC Guinée. Nous ne pourrons bâtir une justice crédible et efficace que si chacun de ces acteurs comprend que la récupération des biens issus d’infractions n’est pas accessoire, mais constitue bien le cœur de notre mission », a martelé le Garde des Sceaux.

 

 

Ce premier Forum national des avoirs saisis et confisqués s’inscrit dans une dynamique ambitieuse de réforme judiciaire en Guinée. Il marque une étape décisive vers une justice plus crédible, transparente et efficace dans la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics. À l’issue de ces deux jours d’échanges et de formation, les acteurs judiciaires sont appelés à devenir des maillons forts dans la chaîne de restitution des biens mal acquis, au service d’un État de droit renforcé.

 

Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com