Le Premier ministre Amadou Oury Bah a officiellement lancé ce lundi le tout premier Forum national des avoirs saisis et confisqués en Guinée. Organisé dans la salle d’audience du 28 septembre de la Cour d’Appel de Conakry, l’événement marque une étape déterminante dans la lutte contre la criminalité économique et financière dans le pays.
Cette initiative, portée par l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC) de Guinée, bénéficie du soutien de son homologue française. Pendant deux jours, magistrats, responsables judiciaires et experts nationaux et internationaux se réunissent pour partager leurs expériences et discuter des meilleures pratiques en matière de gestion des biens issus d’infractions pénales.
La présence remarquée de Sylvie Marchelli, sous-directrice opérationnelle de l’AGRASC-France, ainsi que celle du Major André Tarrago, en charge de l’antenne AGRASC à Rennes, souligne la portée internationale de cette rencontre. Leur participation symbolise la volonté des deux pays de renforcer leurs mécanismes de coopération judiciaire, notamment dans le domaine du recouvrement d’avoirs criminels.
Dans son discours, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité d’apprendre des expériences d’autres nations.
« L’objet de l’action judiciaire est particulièrement sensible », a-t-il déclaré. Il a salué la volonté de l’AGRASC-Guinée de s’inspirer du modèle français, tout en réaffirmant le soutien total de son gouvernement à cette démarche. Il a aussi appelé à une meilleure coordination entre les structures publiques, en évoquant la présence de la directrice du patrimoine bâti public « Il est essentiel que les structures de gestion publique collaborent efficacement avec les juridictions pour assurer une bonne gouvernance. »
Le chef du gouvernement a enfin souligné l’importance de l’adaptation constante face à une criminalité en évolution rapide. Pour lui, ce forum constitue un moment clé pour la justice guinéenne, un espace d’échange destiné à renforcer ses capacités dans un monde où les enjeux judiciaires sont de plus en plus complexes.

À travers ce forum, la Guinée affirme son ambition de moderniser son système judiciaire et de s’inscrire pleinement dans les dynamiques internationales de lutte contre la criminalité financière. La collaboration avec l’AGRASC-France en est un symbole fort : elle ouvre la voie à un transfert d’expertise essentiel pour bâtir une justice plus efficace, plus transparente, et à la hauteur des défis contemporains.
Par Moise Rama Fils, pour lerenifleur224.com