Cellou Dalein Diallo face à une « immixtion illégale » du gouvernement : l’UFDG défend son congrès extraordinaire

L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, a officiellement réagi, ce lundi 30 juin 2025, à la correspondance du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), datée du 27 juin. Le ministère y exigeait la suspension immédiate du congrès extraordinaire prévu le 6 juillet prochain.

Dans sa réponse, la direction du parti dénonce une décision qu’elle juge « partiale et illégale », fondée uniquement sur les allégations du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), sans que les organes officiels du parti aient été consultés.

Le parti reproche au ministère d’avoir agi « sans avoir entendu toutes les parties », une attitude qui porterait atteinte, selon lui, au principe fondamental d’équité. L’UFDG insiste sur le fait que les irrégularités évoquées par le MATD ne sont que de simples « présomptions » qui auraient nécessité un débat contradictoire avant toute décision contraignante.

En outre, l’UFDG fustige la menace de sanctions administratives et pénales, estimant qu’elle est démesurée en l’absence de trouble à l’ordre public ou de violation manifeste de ses textes internes.

Sur le plan juridique, le parti rappelle que l’organisation du congrès s’appuie sur une décision de justice : le jugement n°235 rendu par le Tribunal de première instance de Dixinn le 23 mai 2025. Cette décision autorise formellement la tenue du congrès, à l’exception du cas particulier de l’ancien ministre Ousmane Gaoual Diallo. Pour l’UFDG, cette décision a force de chose jugée et rend l’injonction du ministère « contraire au droit en vigueur », notamment au Code de procédure civile, économique et administrative. Le parti accuse le ministre de vouloir contourner la justice par des moyens administratifs.

Concernant les accusations du MR-UFDG sur le non-respect des délais statutaires, l’UFDG précise que la première convocation du congrès remonte à janvier 2025. La suspension judiciaire intervenue le 28 février ayant été levée le 23 mai, une nouvelle convocation a été lancée le 28 mai, dans le respect strict du calendrier statutaire. La direction affirme qu’aucune disposition interne n’a été violée.

L’UFDG met également en garde contre ce qu’elle qualifie d’« immixtion illégale » du ministère dans ses affaires internes, notamment via l’exigence d’un dialogue avec le MR-UFDG. Elle rappelle que la résolution des différends relève de ses statuts et, en cas de désaccord persistant, de la compétence exclusive de l’autorité judiciaire.

Par ailleurs, le parti affirme que le MR-UFDG n’a aucune existence juridique reconnue en son sein. Ses membres, selon la direction, se seraient publiquement désolidarisés de la ligne politique actuelle. Néanmoins, l’UFDG se dit ouverte à examiner toute demande de réintégration, à condition que les intéressés fassent « amende honorable ».

Enfin, le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo assure agir en toute légalité et exprime l’espoir que le ministre revienne sur sa décision afin de permettre la tenue du congrès dans les délais. Il rappelle que seule la justice est habilitée à trancher les différends internes opposant la direction actuelle aux anciens cadres.

 

Lerenifleur224.com