Mamadou Sylla face à un blocage douanier : du matériel de campagne de l’UDG retenu à Sambaïlo

Depuis le 15 avril 2025, un camion transportant du matériel de campagne aux couleurs de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), le parti dirigé par Mamadou Sylla, est immobilisé au poste frontalier de Sambaïlo, à la frontière guinéo-sénégalaise. Le véhicule, chargé d’effigies et d’affiches destinées aux prochaines échéances électorales, a été intercepté par une brigade mobile des douanes guinéennes, déclenchant une série de démarches administratives toujours en suspens.

C’est Elhadj Dembo Sylla, premier vice-président de l’UDG, qui prend la parole pour livrer la version du parti.

« Depuis sa création, l’UDG a participé à toutes les élections organisées en Guinée. Comme à chaque campagne, nous procédons à l’achat de matériel de communication, en nous approvisionnant auprès de notre fournisseur basé à Dakar », explique-t-il. Il précise que cette commande s’inscrit dans une dynamique habituelle de préparation politique, rendue d’autant plus nécessaire par la récente annonce du calendrier référendaire.

Profitant d’un séjour à Dakar du président Mamadou Sylla, la première commande est passée. Fabriqués sur place, les articles  affiches, effigies et supports textiles sont ensuite convoyés par route.

« Le chauffeur a franchi sans encombre un premier point de contrôle, mais a été arrêté par deux douaniers à moto à une vingtaine de kilomètres plus loin. Ils ont exigé que le véhicule rebrousse chemin vers le poste frontalier de Sambaïlo », détaille El hadj Dembo Sylla chez nos confrères de Guinéenews

Selon lui, les douaniers n’ont pas procédé à une saisie, mais reprochent au chauffeur de ne pas avoir correctement rempli les formalités de transport. Une déclaration officielle aurait dû être faite, ce que le conducteur, habitué à des enregistrements plus souples, n’a pas effectué.

« Ce qui a éveillé l’attention, c’est le contenu politique du chargement. Les agents ont immédiatement alerté leur hiérarchie », indique-t-il.

Depuis, le parti a multiplié les démarches. Le chef de poste et son adjoint ont expliqué qu’aucune libération du camion ne pourrait avoir lieu sans instructions précises émanant soit du ministre du Budget, soit du directeur général des Douanes, ou encore via une autorisation délivrée par les autorités compétentes. L’UDG s’est donc tourné vers son ministère de tutelle, l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Une correspondance officielle a été adressée au ministre concerné dès le 22 avril. Mais à ce jour, aucune réponse n’a été reçue.

« Ce silence administratif est d’autant plus préoccupant que nous entrons dans la saison des pluies. Or, nos matériels sont fragiles : il s’agit de papiers et de tissus, très sensibles à l’humidité. Chaque jour qui passe accroît le risque de détérioration », alerte le vice-président du parti.

En toile de fond, ce blocage soulève des interrogations sur les conditions d’équité entourant la préparation des partis politiques à l’approche des échéances nationales. Pour Mamadou Sylla et son équipe, l’heure est à la vigilance, entre respect des procédures et défense du droit d’exister politiquement.

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com